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Ryan Murphy, le producteur qui rend Hollywood plus inclusif



Avec The Boys in the Band, sa dernière production disponible ce mercredi 30 septembre sur Netflix, Ryan Murphy continue de rendre Hollywood plus inclusif. Portait d’un hyperactif qui change la donne.

Ryan Murphy aime relever des défis. Créateur de Nip/Tuck, Glee, American Horror Story ou encore Pose et Hollywood, le prolifique producteur qui a signé un contrat de 300 millions de dollars avec Netflix, s’est donné pour mission de rendre Hollywood plus inclusif en offrant une plateforme à ceux qui d’ordinaire sont effacés de la culture populaire (gays, trans, femmes, seniors, etc.).

Avec son nouveau film, une adaptation de la pièce de Mart Crowley The Boys in the Band, monument de la littérature queer qu’il a déjà adapté en 2018 à Broadway, Ryan Murphy s’approche plus que jamais de son rêve. Ce projet mis en scène par son proche collaborateur Joe Mantello, et qu’il s’est contenté de produire, est le premier film grand public porté par un casting 100% LGBTQ.

“Je suis fier d’avoir fait un film avec uniquement des acteurs gays – des acteurs ouvertement gays”, indique à BFMTV Joe Mantello, le réalisateur de The Boys in the Band. Une fierté partagée par le casting. “Ce film a été une des expériences les plus importantes de ma vie et de ma carrière”, s’enthousiasme Jim Parsons, éternel Sheldon Cooper de la série Big Bang Theory qui multiplie depuis quelques années les rôles à contre-emploi dans les productions de Ryan Murphy, de Normal Heart (2014) à Hollywood (2020).

“On se sent toujours très chanceux quand on peut travailler sur un tel projet, avec une telle responsabilité – un projet qui est plus qu’un travail ou un amusement, mais une œuvre qui va résister au temps et aider les gens à avoir les bonnes discussions. On est très heureux de participer à une œuvre qui va beaucoup apporter à l’industrie du cinéma”, complète Michael Benjamin Washington, comédien dans The Boys in the Band mais aussi dans Ratched, la dernière série en date de Ryan Murphy.

Donner la parole

“On va raconter nos histoires.” C’est ce que Ryan Murphy a lancé à Joe Mantello lorsque le producteur ouvertement gay a eu carte blanche pour lancer ses projets de cœur, comme The New Normal (2012-13). Cette œuvre très personnelle, inspirée de sa vie, était pour lui une occasion de s’emparer du format très populaire de la sitcom et de normaliser auprès d’un très large public l’image d’une famille homoparentale. Le résultat n’a pas convaincu et a conduit Ryan Murphy à délaisser la comédie pure pour des œuvres foisonnantes, oscillant entre thriller, drame et comédie.

Ryan Murphy a, depuis cet échec écrit, produit et réalisé Feud (2017), série sur la rivalité entre Bette Davis et Joan Crawford, doublée d’une réflexion sur le sort réservé aux actrices de plus cinquante ans. Une réflexion qu’il poursuit aujourd’hui dans Ratched, prequel de Vol au-dessus d’un nid de coucou. La série, est par ailleurs en passe de devenir une œuvre de référence pour la communauté queer. Tout comme Pose (lancée en 2018), portée par un casting quasi entièrement composé d’actrices et d’acteurs transgenres, où Murphy met en scène dans les années 1980 et 1990 la “ball culture” à New York. Dans Hollywood (2020) enfin, il imagine une uchronie où les artistes noirs et LGBTQ prennent le pouvoir.

“Il essaye d’être le plus avant-gardiste possible, sans être controversé”, résume Michael Benjamin Washington. “Il a un pouvoir sans aucune mesure et il sait qu’il doit l’utiliser pour donner la parole à ceux qui n’ont pas accès d’ordinaire à ce type de pouvoir. Je lui suis très reconnaissant qu’il choisisse ce genre de projets.”

“Le plus important [à Hollywood] est d’avoir accès à la pièce où sont prises les décisions. Une fois qu’il y a eu accès, il a maintenu la porte ouverte pour beaucoup de monde”, renchérit Joe Mantello. “Il veut mettre en valeur nos histoires.”

En 2014, Ryan Murphy a réalisé The Normal Heart, adaptation d’un autre texte fondateur de la culture queer, signé Larry Kramer, sur les débuts de l’épidémie du sida dans les années 1980. Une œuvre âpre et forte qui forme une trilogie informelle avec The Assassination of Gianni Versace (2018), fresque sur l’homophobie de la société américaine dans les années 1990, et The Boys in the Band, drame intimiste sur l’homosexualité refoulée à la fin des années 1960. Comme si Ryan Murphy voulait retracer à travers ses productions l’histoire de la communauté gay:

“C’est évidemment un film sur notre histoire”, acquiesce Brian Hutchison, un des “boys in the band”. “Je crois que Ryan veut produire davantage de récits qui parlent de l’histoire des personnes LGBTQ. Montrer comment la vie était dans le passé pour les homosexuels, comme il le fait dans The Boys in the Band et The Normal Heart, est essentiel. C’est super pour les jeunes qu’il y ait de plus en plus de films comme ceux-ci produits par les grands studios. Ce genre d’histoires est désormais plus familière aux yeux du grand public grâce à des personnalités comme Ryan Murphy qui se sont battues pour les faire exister.”

Réécrire l’histoire

Raconter l’histoire d’un point de vue LGBT, c’est aussi réinterpréter l’histoire officielle, et mettre en lumière ses zones d’ombre, rappelle Michael Benjamin Washington:

“Le jour où nous avons annoncé le retour de The Boys in the Band à Broadway, je suis allé voir Ryan pour lui demander conseil. J’étais en train d’écrire une pièce et j’avais du mal à la vendre, parce que les théâtres estimaient que mon personnage, un homme noir allant travailler en costume, ne serait pas crédible aux yeux du public. Il en a été mortifié. Un an et demi plus tard, il m’a offert un rôle d’avocat dans Ratched, qui se déroule en 1947, parce que les gens ne croient pas qu’il existait des avocats noirs en 1947.”

Et il ajoute, “Ce révisionnisme historique, qui consiste à mettre des acteurs de couleur noire, marron, des gays, des femmes, des femmes âgées de plus de 50 ans au centre des intrigues, est sa marque de fabrique, mais aussi son héritage. Son œuvre, pour cette raison, sera éternelle. Il nous a redonné une place dans l’Histoire.”

Cette démarche permet aussi à une nouvelle génération d’actrices et d’acteurs d’émerger. Ses comédiens fétiches sont quasiment tous réunis dans The Boys in the Band. Hormis Jim Parsons et Zachary Quinto, connus respectivement pour The Big Bang Theory et Star Trek, les autres doivent une partie de leur carrière à Ryan Murphy. Matt Bomer est notamment apparu dans Glee, The New Normal, American Horror Story (dont il a réalisé un épisode) et The Normal Heart. Andrew Rannells est en couple, dans la vie, avec un autre acteur du film, Tuc Watkins, et il a été vu dans Glee, The New Normal et sera en décembre dans The Prom, comédie musicale réalisée par Murphy. Charles Carver et Michael Benjamin Washington sont enfin tous les deux dans Ratched et The Boys in the Band.

Les productions de Ryan Murphy, c’est une grande histoire de famille. Les acteurs passent d’un projet à un autre, d’un rôle à un autre, avec une agilité surprenante. A chaque fois, Murphy agit comme “Marraine-la-bonne-fée”, s’amusent Michael Benjamin Washington et Jim Parsons. “Ce que j’adore avec lui, c’est qu’il vous donne confiance en vous”, précise Joe Mantello. “Il voit en vous quelque chose avant que vous réalisiez que vous l’avez en vous. Vous ressentez non seulement son soutien, mais aussi sa confiance – ce qui est d’une importante primordiale lorsque vous entreprenez un projet artistique.”

“Un bon père”

Les productions de Ryan Murphy, en toute logique, racontent l’histoire de personnages refoulés qui prennent confiance en eux et en leur potentiel, envers et contre tout ce que la société hétéronormée peut dire. Chez Ryan Murphy, il faut oser prendre la parole pour s’affirmer et occuper la place que l’on mérite dans la société. The Boys in the Band s’inscrit parfaitement dans cette lignée avec ses personnages aux répliques cinglantes qui derrière l’éclat des mots cachent de terribles blessures intimes.

The Boys in the Band montre ce qu’il se passe lorsque votre voix est refoulée et lorsque votre valeur en tant qu’être humain est inexistante”, analyse Joe Mantello. “Ces hommes se réunissent dans cette pièce où ils sont en sécurité et où ils peuvent être eux-mêmes – et cela est bouleversé lorsqu’un des personnages, par amertume, pousse les autres à faire quelque chose qu’ils n’ont jamais fait avant, qu’ils n’auraient jamais pensé faire auparavant.”

Toute l’ambition de l’œuvre de Ryan Murphy est contenue dans The Boys in the Band. En réunissant autour de lui une troupe de fidèles comédiens, scénaristes et réalisateurs, il forme une nouvelle génération de créateurs et de créatrices à qui il donne les moyens de changer Hollywood. “Ryan est comme un bon père”, conclut Joe Mantello. “Il nous prépare, il nous offre tout ce qu’il peut nous enseigner et ensuite il nous laisse voler de nos propres ailes.”



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