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quand Netflix marche sur les plates-bandes de Disney


Créateur des personnages d’Ariel, de la Bête ou d’Aladin et proche du basketteur Kobe Bryant, Glen Keane signe son premier film d’animation et raconte à BFMTV les moments clefs de sa carrière.

Dérouler le C.V. de Glen Keane, c’est assister à une histoire du cinéma d’animation. Né en 1954, il a travaillé pendant trente-huit ans chez Disney sur quelques-uns des plus grands films du studio, des Aventures de Bernard et Bianca à Aladdin en passant par La Petite Sirène et La Belle et Bête avant de se lancer dans la réalisation.

Âgé désormais de 66 ans, Glen Keane sort le 23 octobre sur Netflix son premier long-métrage, Voyage vers la Lune. Cette production sino-américaine suit Fei Fei, une orpheline qui construit une fusée pour se rendre sur la Lune et prouver l’existence d’une divinité ancestrale de la mythologie chinoise, Chang’e. Contre toute attente, son plan fonctionne. Arrivée sur la Lune, elle explore une ville aux architectures incroyables, Lunaria, et se voit confier une mission de la plus haute importance par Chang’e…

Au-delà de la Lune, Netflix a un autre objectif: marcher sur les plates-bandes de Disney avec la complicité d’une de ses légendes. Le géant du streaming, qui a sorti plusieurs films et séries animés à succès ces dernières années, dont Love, Death and Robots, Klaus et Les Willoughbys, veut devenir incontournable en animation. Ted Sarandos, son PDG, a ainsi annoncé récemment vouloir diffuser à partir de 2022 six films d’animation par an.

Créateur des personnages d’Ariel, de Pocahontas, de la Bête ou encore d’Aladdin et de Tarzan, et récompensé d’un Oscar avec le basketteur Kobe Bryant, Glen Keane s’est confronté lors de la production de Voyage vers la Lune à un problème de taille: bâtir de toute pièce un monde imaginaire.

“Quand j’ai lu le scénario, je me suis demandé comment on allait pouvoir dépasser ce que Le Magicien d’Oz avait réussi à créer”, raconte cet animateur spécialisé dans le design des corps en mouvement. “Pour symboliser le passage entre les deux mondes, Le Magicien d’Oz passe du noir et blanc au technicolor. C’est une idée géniale, mais on ne pouvait pas la refaire. J’ai donc donné à ma cheffe décoratrice Céline Desrumaux l’album de Pink Floyd The Dark Side Of The Moon, dont la couverture est un faisceau de lumière blanche qui se transforme en arc-en-ciel.”

L’aide providentielle de Pink Floyd

La pochette de l’album est devenue leur guide pour concevoir le monde merveilleux et coloré de Lunaria: “La Terre était cette lumière blanche, tandis que Lunaria serait cette source de lumière brillante. Mais je n’arrivais pas à trouver à quoi pourrait ressembler les bâtiments de Lunaria! Tout ce qu’on trouvait ressemblait à de l’architecture moderne – et l’architecture moderne est si passe-partout! Rien ne donnait l’impression d’être sur la Lune.”

Glen Keane a trouvé la solution en France, à Paris, rue Marbeuf, non loin des Champs Elysées. “Souvent, les solutions à nos problèmes se trouvent dans notre passé et il suffit juste de s’en souvenir”, précise l’animateur, à la manière d’un sage de dessin animé de Disney. “Des années avant de réaliser Voyage vers la lune, je dînais à Paris rue Marbeuf dans un restaurant italien”, se souvient-il “J’avais mon cahier de croquis et je dessinais les personnes présentes ce soir-là. Un jeune homme s’est approché de moi en me disant que son grand-père était Miro.”

Une scène de "Voyage vers la lune", le nouveau film d'animation de Netflix
Une scène de “Voyage vers la lune”, le nouveau film d’animation de Netflix © netflix

Les deux hommes s’attablent et discutent de l’œuvre du grand peintre catalan. Le jeune homme termine la discussion en offrant à l’animateur américain un livre sur Miro. “J’ai compris bien des années après que pour Voyage vers la Lune il me fallait des sphères volantes de lumière [comme chez Miro]. Cette idée nous a permis de créer un monde qui ne ressemble à aucun autre. Quand Céline Desrumaux m’a montré Fei Fei dans ce monde, j’ai rigolé et j’ai pleuré. C’était bien plus beau que ce que j’avais jamais imaginé.”

La sincérité de Disney

Si l’influence de Pink Floyd et de Miro est imperceptible aux yeux des non-initiés, Voyage vers la Lune fait immanquablement penser aux Disney de la grande époque. Le film donne l’impression d’une lettre d’amour aux classiques du studio, qui ont beaucoup apporté à Glen Keanne: “Tout ce que j’ai appris chez Disney vient des Neuf Sages de Disney”, explique-t-il à propos de ce groupe d’animateurs, les meilleurs de Disney, qui réalisèrent la plupart des chefs-d’œuvre du studio, de Blanche-Neige et les Sept Nains aux Aventures de Bernard et Bianca.

Une scène de "Voyage vers la Lune", le nouveau film d'animation de Netflix
Une scène de “Voyage vers la Lune”, le nouveau film d’animation de Netflix © Netflix

“Ils m’ont appris la chose la plus importante: la sincérité. Que je devais croire en mes personnages. Si vous ne croyez pas en eux, le public n’y croira jamais”, explique Glen Keane, qui précise avoir “été séduit par ces personnages qui pensent que l’impossible était possible”: “J’ai cru en cette sirène qui pensait pouvoir marcher sur la terre. J’ai cru en cette bête et j’ai vu en elle un être humain digne d’amour.” Quand il a lu le scénario de Voyage vers la Lune, il a aussi cru en cette fillette de 12 ans qui croyait tellement en l’existence d’une déesse qu’elle crée une fusée pour aller voir sur la Lune si l’impossible est possible.

“La mort de Kobe Bryant a été un coup de massue”

Le 26 janvier dernier, Glen Keane a souhaité que l’impossible demeure de l’ordre de l’impossible. Alors qu’il était plongé dans la réalisation de Voyage vers la Lune, il a appris la mort de Kobe Bryant, avec qui il avait coréalisé le court-métrage Dear Basketball, lettre d’amour à ce sport qui leur a permis de décrocher un Oscar.

“L’annonce de sa mort a été un coup de massue”, confie-t-il. “2020 a été l’année la plus difficile [de ma vie] et ce coup de massue en a été le point de départ. On s’est tous réunis au studio pour raconter nos histoires de Kobe Bryant et pour pleurer. Puis la pandémie est arrivée. On a dû finir le film à distance. On n’est pas retournés au studio depuis.”

Et l’animateur de conclure: “C’est notre envie de raconter cette histoire qui nous a poussés à terminer le film. On y a mis notre cœur et notre âme. Pour rendre hommage à Kobe, mais aussi à Audrey Wells [la scénariste du film, morte d’un cancer en 2018, NDLR]. Et on a réussi! Le personnage de Fei Fei dans le film m’a beaucoup fait penser à Kobe. En 2013, même lorsqu’il s’est blessé gravement au tendon d’Achille, et que sa carrière était terminée, il a refusé de s’arrêter [connu pour son insensibilité légendaire à la douleur, il aurait dit à son médecin: “vous pouvez me scotcher le tendon pour que je finisse la rencontre?”, NDLR]. Cette détermination est aussi celle de Fei Fei. Pour moi, Fei Fei et Kobe sont le même type de personne. Ils ont vraiment beaucoup de choses en commun.”



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