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pourquoi nous fait-il toujours rire?



Bugs Bunny fête son quatre-vingtième anniversaire. Retour à cette occasion sur l’histoire de sa création et les raisons de son succès.

C’était il y a 80 ans, jour pour jour. Le 27 juillet 1940, Bugs Bunny faisait sa première apparition officielle dans le court-métrage Un chasseur sachant chasser de Tex Avery. Le malicieux lapin, alors en développement depuis deux ans chez Warner Bros, a connu depuis des dizaines et des dizaines d’aventures, évitant avec toujours autant d’agilité les pièges d’Elmer Fudd.

Depuis sa création, Bugs Bunny est devenu une icône, comme Mickey Mouse ou Donald Duck. Son caractère anarchique, son humour burlesque et sa facétie ont marqué à jamais la culture populaire américaine. A l’occasion de son quatre-vingtième anniversaire, retour sur l’histoire de sa création et les raisons de son succès.

Les multiples pères de Bugs Bunny

Comme de nombreux personnages célèbres, Bugs Bunny est né par hasard, au fil d’échanges entre les animateurs des Looney Tunes chez Warner Bros. Le réalisateur Chuck Jones, dans son autobiographie, compare ce processus au “jeu de la marelle”:

“On va d’un réalisateur à l’autre, puis à un autre ; on cherche, ici et là, des éléments comiques caractéristiques pour arriver à un personnage ‘mûr’. Cependant, rien de tout cela n’était pré-programmé. Non seulement nous [ne savions] pas qu’un génie du comique était en train de faire son trou parmi nous, mais nous ne nous rendions même pas compte que nous étions en gestation.”

C’est Ben “Bugs” Hardaway qui a imaginé en premier ce personnage de lapin, et lui a prêté son nom (Bug’s Bunny signifie en anglais le lapin de Bug). Les animateurs Charlie Thorson et Bob Givens, ainsi que Chuck Jones, ont perfectionné son look et c’est Tex Avery qui a eu l’idée de sa célèbre réplique: “What’s Up, Doc?” (“Quoi de neuf docteur?”), inspirée par une expression souvent employée dans son Texas natal.

Avant d’avoir sa forme finale, et même son nom, Bugs Bunny est apparu dans plusieurs courts-métrages dès avril 1938. Au fur et à mesure de ses apparitions, le lapin a changé de taille, puis de couleur. Des gants jaunes, puis blancs ont couvert ses doigts.

Le premier vrai film de Bugs Bunny est donc Un chasseur sachant chasser (A Wild Hare), réalisé par Tex Avery, avec un doublage signé Mel Blanc, qui fera la voix du personnage jusqu’à sa mort en 1989. Le nom de Bugs Bunny n’apparaît cependant pas dans cet épisode, mais dans le suivant, Le Lapin d’Elmer (Elmer’s Pet Rabbit, 1941), réalisé cette fois par Chuck Jones. L’apparence du personnage se stabilise en 1943, note l’historien Michael Barrier.

Bien suivre les règles

Comme Bip-Bip et le Coyote, Bugs Bunny possède une personnalité bien définie et ne peut pas être employé n’importe comment – ni agir n’importe comment: “Ce n’est pas son genre d’aller embêter tout le monde pour le simple plaisir de les faire enrager”, écrit Chuck Jones dans son autobiographie, avant de rappeler la règle d’or concernant le lapin:

“C’est toujours Bugs qui est provoqué. Dans chaque film, quelqu’un a une idée derrière la tête: la gastronomie, un trophée, un porte-bonheur […], une expérience scientifique (laboratoire ou fusée). Sans de telles menaces, Bugs serait bien trop malin pour provoquer la sympathie nécessaire.”

Très rapidement s’impose aussi chez les animateurs l’idée que leurs personnages sont “joués” par des acteurs de papier. Ceux-ci brisent donc régulièrement le quatrième mur pour se confier aux spectateurs. Les courts métrages multiplient les gags burlesques exagérant à l’extrême la violence physique.

La violence est souvent brutale dans les films des Looney Tunes et de Bugs Bunny, mais jamais réaliste. Les personnages animés n’ont qu’un seul objectif: faire rire par n’importe quel moyen – et le plus souvent en se frappant mutuellement, comme dans les premiers films de Laurel et Hardy.

Héritier des Marx Brothers, influenceur du Prince de Bel-Air

Bugs Bunny est un descendant des Marx Brothers. Comme Groucho, qui avait sans arrêt un cigare dans sa bouche, Bugs croque sans cesse une carotte.

“Dans le personnage de Bugs, j’ai pour ainsi dire essayé de combiner la persévérance de Groucho avec la douceur de Harpo, vous savez, une sorte de mélange des deux, même si, à ce moment-là, je n’y pensais pas de façon aussi consciente. C’est seulement après que j’ai réalisé que je faisais marcher Bugs Bunny comme Groucho, avec les jambes un peu pliées”, a déclaré Chuck Jones au réalisateur Peter Bogdanovich dans le deuxième tome des Maîtres d’Hollywood (Capricci).

Inspiré des stars du cinéma muet, Bugs Bunny a lui aussi influencé plusieurs acteurs et actrices. Barbra Streisand dans On s’fait la valise, Docteur? (1972), Matthew Broderick dans La Folle journée de Ferris Bueller (1986) ou Will Smith dans Le Prince de Bel-Air (1990-1996) incarnent tous leur personnage avec la même désinvolture et la même malice que le célèbre lapin.

Un humour intemporel

Les courts métrages de Chuck Jones avec Bugs Bunny ne reposent pas uniquement sur un humour verbal et, pour cette raison, ont su rester d’une étonnante modernité, de la même manière que les premiers films de Charlie Chaplin et de Buster Keaton. Ces films poursuivent la tradition du cinéma muet à une époque, les années 1950, où elle disparaît et n’est plus pratiquée que par Jerry Lewis au cinéma.

“Chuck Jones est un des génies de comédie muette, dont il maîtrise parfaitement la technique. En plus de leur extraordinaire dimension satirique, ses dessins animés mêlent pureté artistique et candeur, ce qui explique pourquoi les adultes comme les enfants ne s’en lassent pas. Ils seront ‘modernes’ bien plus longtemps que n’importe quel film en prise de vue réelle”, prédit le réalisateur Peter Bogdanovich dans Les Maîtres d’Hollywood.

Ce qu’il faut voir

N’en déplaise aux nostalgiques des années 1990 et de Michael Jordan, les meilleures œuvres mettant en scène Bugs Bunny sont les courts métrages réalisés par Chuck Jones dans les années 1950. Il faut voir absolument Quel opéra, docteur? (What’s Opera, Doc?, 1957), géniale parodie des opéras wagnériens qui condense en six minutes les quatorze heures du Ring de Wagner: “Ce film est sans doute celui qui nous donna le plus de plaisir”, note Jones dans son autobiographique.

Chuck Jones a aussi signé d’autres films mémorables de Bugs Bunny, comme Faut savoir ce qu’on veut (Duck Amuck, 1952), mise en abyme du métier d’animateur où le lapin martyrise Daffy Duck. On lui doit aussi la trilogie Chassé-croisé, Conflit de canard et Qui va à la chasse? (1951-1953).

Certains films des années 1940 avec Bugs Bunny ont en revanche cessé d’être diffusés en raison des caricatures racistes qu’ils véhiculent. Which Is Witch (1949), où Bugs Bunny croise le chasseur africain Inky a disparu des écrans à la fin des années 1940 lorsqu’il fut décidé, chez Warner Bros., de cesser de diffuser des dessins animés comportant des stéréotypes racistes.



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