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“l’humour est fait pour rassembler et non pour diviser”


L’acteur-réalisateur sort en DVD et en VOD son second film, 30 jours max, une comédie d’action qui a rencontré un grand succès à l’automne dernier malgré une courte disponibilité en salle. Il en raconte les coulisses.

Membre emblématique de la “Bande à Fifi”, vu notamment dans Babysitting ou Alibi.com, Tarek Boudali a cartonné l’automne dernier avec 30 jours max, sa deuxième réalisation après Epouse-moi mon pote. L’histoire d’un policier maladroit qui devient une espèce de Rambo le jour où son médecin lui apprend qu’il ne lui reste plus que 30 jours à vivre.

Avec plus de 1.024.123 million d’entrées en moins de deux semaines, cette comédie d’action avec Philippe Lacheau, Julien Arruti, José Garcia et Marie-Anne Chazel était bien partie pour devenir un des plus grands succès du cinéma français de l’année passée lorsque le deuxième confinement a stoppé net son élan.

Censé ressortir en décembre, puis en janvier, 30 jours max ne repassera pas par les salles obscures et sera finalement disponible en vidéo ce mercredi 31 mars. Frustré par la non-réouverture des salles en décembre – “C’est comme si tu faisais un 100 mètres et qu’on t’arrêtait à 50 mètres de l’arrivée” -, l’acteur-réalisateur est désormais résigné: “On essaye de relativiser. Il y a des choses plus graves. Il y a des gens qui meurent.”

30 jours max est sorti le mercredi 14 octobre, le jour où Emmanuel Macron a annoncé un couvre-feu à 21 heures, réduisant ainsi le nombre de séances par jour. Tarek Boudali, qui a travaillé trois ans sur son film, a très mal vécu cette annonce: “Je redoutais ce scénario depuis le premier confinement. Le soir, lors de l’annonce du couvre-feu, personne n’était au cinéma. J’étais effondré. C’était catastrophique.”

Le lendemain, le comédien s’est réveillé avec la conviction qu’il fallait se “battre pour le film et pour sauver les salles de cinéma”: “J’ai senti qu’il y avait un réel besoin des gens de se divertir et de lâcher prise pendant une heure et demie. J’ai refait une tournée, de la promo et le film a fait un peu plus d’un million d’entrées en deux semaines. Ce qui est un peu inespéré dans ces conditions-là. J’ai cru que j’allais faire 50.000 entrées.” Les fans de la “bande à Fifi”, très nombreux, lui sont très fidèles. “Ça a sauvé mon film, clairement. Et je remercie le public pour ça.”

“Trouver le plus de vannes possibles”

Depuis leurs débuts au cinéma en 2014, avec Babysitting, la troupe a séduit plus de 14 millions de spectateurs. L’humour potache de la “bande à Fifi” n’est pas forcément du goût de tout le monde, et a pu être taxé d’homophobie (Epouse-moi mon pote) et de sexisme (Nicky Larson), mais il a séduit un large public par son côté jusqu’au-boutiste, dans la lignée des comédies des frères Farelly (Mary à tout prix):

“On se met la pression pour trouver le plus de vannes possibles, pour ne pas décevoir le public et le surprendre à chaque fois, parce qu’ils commencent à nous connaître”, indique Tarek Boudali, qui a passé un an et demi sur l’écriture de 30 jours max.

Avec Eric et Ramzy et Franck Gastambide, la “Bande à Fifi” est la seule à s’emparer de cet humour burlesque absurde inspiré du cinéma américain. Tarek Boudali avoue aussi avoir pioché dans le cinéma de Peter Sellers, et notamment dans La Panthère Rose. “Je m’en suis inspiré pour une vanne dans Alibi.com quand je mets un coup de poing dans la porte et que je fais comme si de rien n’était alors que j’ai mal. J’avais vu ça dans La Panthère Rose. C’est tellement subtil… Tellement bien joué…”

“L’écriture, c’est comme un Rubik’s cube”

Parmi les passages obligés des comédies de la “Bande à Fifi”, on trouve des gags impliquant des animaux (hérisson, pigeon), des apparitions surprises, le plus souvent de Chantal Ladesou (“On est fan, Chantal est une très grande comédienne”) ou encore des bourdes de Julien Arruti. Tarek Boudali le concède, une partie de leur écriture repose sur l’association d’idées. “L’écriture, c’est comme un rubik’s cube”, précise-t-il.

Co-scénariste des films de Philippe Lacheau et de Tarek Boudali, Pierre Dudan est l’homme de l’ombre de la “Bande à Fifi”: “Il est très drôle. Il lui arrive tout le temps des trucs de fous. Il a toujours des anecdotes à te raconter, mais on s’en inspire rarement, parce que sinon ça deviendrait un film d’horreur”, détaille Tarek Boudali. “On réfléchit beaucoup. Parfois, il peut se passer une semaine sans que l’on trouve une seule vanne, et d’autres fois, en une journée, on peut en trouver cinq ou six. Le but est de ne jamais laisser retomber le soufflé. Il faut de la vanne, de la vanne, de la vanne.”

Philippe Lacheau, Tarek Boudali et Julien Arruti se connaissent depuis 2000. Ils s’entraident sur leurs films respectifs. “S’ils ont des idées, ils vont me les proposer”, dit Tarek Boudali. “C’est comme sur les films de Philippe. Si il a un blocage sur une mise en scène, je peux essayer de l’aider. On essaye de se pousser les uns les autres et de se tirer vers le haut. On s’entraide dès l’étape de l’écriture. Philippe m’envoie son script et je lui fais mes retours, positifs ou négatifs. Quand j’ai fini d’écrire, c’est pareil.”

Ils ne posent aucune limite, mais refusent “de choquer, dégoûter et blesser les gens”, précise bien Tarek Boudali. “Pour moi, l’humour, c’est fait pour rassembler, et non pour diviser”, indique-t-il. “Chacune de nos vannes doit faire rire le maximum de personnes. C’est notre objectif. C’est un exercice compliqué.”

Pigeon en rut et excrément

La scène où un pigeon en rut se soulage sur le crâne de Tarek Boudali – alors qu’il est suspendu sur un fil à 25 mètres du sol – est emblématique de ce jeu d’équilibrisme. “C’est une scène qui résume bien le film”, confirme l’acteur-réalisateur. “Il y a beaucoup de scènes de cascade réalisées au premier degré, à l’américaine, qui sont à chaque fois cassées par une vanne. Là, j’étais limité dans mes mouvements. Ce n’était pas évident à jouer. Faut s’imaginer. Je pense qu’il faut être un petit peu fou [pour jouer ça].”

Dans un autre gag Philippe Lacheau subit une opération d’implant mammaire. “C’est une petite vengeance du rôle qu’il m’a donné dans Nicky Larson“, révèle le réalisateur, pour qui “la comédie, c’est avant tout avoir beaucoup d’auto-dérision”:

“Il ne faut pas que ce soit de la private joke”, insiste-t-il. “Il faut que ça s’intègre vraiment dans le film avec le personnage. Le but, il ne faut pas l’oublier, ce n’est pas de se venger de son copain, mais de faire rire les gens. Après, si ça peut faire d’une pierre deux coups, tant mieux. Là, c’était le cas: je réfléchissais à ce que je pouvais faire comme crasse au personnage de Philippe, un policier un peu macho. J’ai trouvé cette vanne, qui pouvait être intéressante. Je crois qu’elle a marqué le public.”

Philippe Lacheau dans “30 jours max” © Copyright David Koskas Axel Films Production

Et Tarek Boudali d’ajouter: “En vérité, il nous arrive à tous des crasses dans nos films. C’est ce qui fait rire les gens.” 30 jours max est un festival en la matière. Tarek Boudali est ainsi recouvert de sueur, d’excréments, de boue et de sperme de pigeon. Philippe Lacheau est frappé de multiples fois au visage, et régulièrement humilié. Julien Arruti, le souffre-douleur de la bande, est propulsé dans un canon, comme dans un dessin animé de Bip Bip et Coyote.

Il y a des coups de crasse, mais aussi des déclarations d’amour. Ainsi est née la séquence où Philippe Lacheau et Julien Arruti interprètent La Bamba déguisés en mariachis: “C’était le moment de gloire de Julien”, raconte Tarek Boudali. “La Bamba, c’était une chanson qu’il devait chanter avec moi aux Enfoirés en 2019. Sauf que lors des essais musicaux, on lui a dit que ce n’était pas possible. Il a chanté quinze secondes, les musiciens se sont arrêtés. Du coup, j’ai voulu offrir ce moment où il peut enfin chanter La Bamba.”

Bientôt Alibi.com 2

Si le public le connaît pour ses comédies potaches, Tarek Boudali a aussi œuvré en novembre dernier dans les coulisses, auprès du CNC, pour la réouverture des salles de cinéma. Un rôle inhabituel pour le trublion, qui se dit “très flatté” par l’invitation: “C’est la première fois que j’ai l’impression d’être reconnu par mes pairs. Il faut jouer le jeu pour les salles de cinéma. Il faut les soutenir. C’est aussi pour nous: s’il n’y a plus de salles, il n’y aura moins de films.”

Le Tom Cruise de la comédie française, qui a réalisé ses propres cascades dans 30 jours max, veut continuer à réaliser des comédies d’action. Il vient de tourner sous la direction de Philippe Lacheau Super-Héros malgré lui, une nouvelle comédie prévue pour octobre prochain. “J’ai vu une projection test, sans les effets spéciaux et les musiques, c’est très bien”, assure-t-il. La troupe va se retrouver prochainement pour Alibi.com 2, en cours d’écriture.

La “Bande à Fifi” joue rarement hors de ses films. “On ne se ferme à rien. C’est juste que soit on n’a pas le temps, soit le projet ne plaît pas vraiment.” Tarek Boudali s’apprête à jouer hors de la bande pour la première fois depuis des années. “Je vais tourner cet été dans le prochain film d’Olivier Baroux”. Des retrouvailles, onze ans après le tournage de L’Italien.

Tarek Boudali écrit aussi son troisième film. Il ne peut pas en dévoiler le sujet, mais assure qu’il ne portera pas sur le Covid: “C’est un mauvais souvenir pour tout le monde. Je n’ai pas envie d’en rire. Certains sauront sans doute très bien le faire, mais ce n’est pas mon objectif.”



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