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“Les Sept de Chicago”, “Borat 2″… le retour très politique de Sacha Baron Cohen



L’humoriste revient avec Les Sept de Chicago et Borat 2, deux projets aux antipodes qui dénoncent avec la même force les dangers qui menacent actuellement la démocratie.

Il y a deux Sacha Baron Cohen. Le premier est célèbre pour ses comédies potaches comme Ali G, Borat ou encore Brunö. Amateur de déguisements, de canulars et de caméras cachées, il dénonce avec un humour souvent outrancier et scabreux l’indifférence de la société face à la recrudescence de l’antisémitisme, de l’islamophobie et de l’homophobie. 

Le second est plus sobre et refuse de cacher derrière des postiches et des gags graveleux ses motifs d’indignation. Celui-ci se fait plus discret dans les médias, bien qu’il ait de moins en moins envie de se taire et qu’il prenne de plus en plus la parole dans la presse anglo-saxonne.

Sans doute parce que les Etats-Unis sont à un carrefour de leur histoire, ces deux facettes de sa personnalité cohabitent pour la première fois dans l’espace public. Ces jours-ci, Sacha Baron Cohen frise la schizophrénie. Tout en s’inquiétant de la survie de la démocratie dans le magazine Time, il passe ses journées sur Twitter à se moquer de Trump avec un faux compte Borat.

Schizophrénie comique

Ses nouveautés cinématographiques confirment cette tendance à la schizophrénie. Dans Les Sept de Chicago, disponible sur Netflix à partir du vendredi 16 octobre, l’acteur incarne le militant anarchiste Abbie Hoffman, figure de proue du mouvement hippie accusé de conspiration et d’incitation à la révolte en 1969. 

Derrière la fiction historique, et la reconstitution d’un ubuesque procès où huit hommes furent accusés à tort par l’administration Nixon, ce sont les violences policières et les abus de pouvoir d’aujourd’hui que dénonce le scénariste et réalisateur Aaron Sorkin, connu pour son travail sur la série À la Maison Blanche et The Social Network, film de David Fincher sur la création de Facebook.

Dans Borat 2, diffusé sur Amazon Prime à partir du 23 octobre, Sacha Baron Cohen retrouve son personnage de Borat Sagdiyev, journaliste kazakh antisémite et libidineux. Une suite tournée dans le plus grand secret et annoncée comme une charge au vitriol de l’Amérique de Donald Trump. 

“Mon personnage le moins populaire: Sacha Baron Cohen”

“Le monde entier nous regarde”, martèle la foule venue soutenir les “Sept de Chicago”, ce groupe de militants anti-guerre du Vietnam réuni autour du charismatique Abbie Hoffman. Cette phrase, Sacha Baron Cohen en a fait son mantra. Depuis ses débuts, il sait que la comédie est l’outil parfait pour avertir le large public des dangers qui guettent la démocratie.

Le voir jouer Abbie Hoffman n’est pas une surprise. C’est même une évidence. Engagé dès 2007 pour jouer le personnage, Sacha Baron Cohen a trouvé en lui un frère de lutte. Steal This Book (1971), best-seller d’Abbie Hoffman qui raconte notamment comme fabriquer des bombes artisanales, ressemble presque aux happenings de Sacha Baron Cohen. 

Comme Abbie Hoffman, le comédien a joué les guignols pour dénoncer le système. Longtemps, comme Abbie Hoffman, il n’a pas été pris au sérieux. Jusqu’au jour où on a compris qu’il était aussi visionnaire. Ce moment, pour Sacha Baron Cohen, a eu lieu le 21 novembre 2019, lors d’une conférence organisée à New York par l’association de lutte contre l’antisémitisme ADL. Ce jour-là, l’interprète de Borat a surpris tout le monde en se lançant dans une critique très élaborée de Facebook. 

“J’ai passé la plus grande partie des deux dernières décennies dans la peau d’un personnage”, a déclaré alors l’acteur, qui a aussi signé une thèse sur le rôle du peuple juif dans le mouvement des droits civiques. “C’est la première fois que je me lève et que je fais un discours en tant que mon personnage le moins populaire: Sacha Baron Cohen. Et je dois vous avouer que c’est terrifiant.” 

Devant l’association de lutte contre l’antisémitisme ADL, Sacha Baron Cohen a condamné la manière dont Facebook gère la publication de contenus politiques sur sa plateforme. “Adolf Hitler aurait pu diffuser des publicités antisémites sur Facebook si le réseau social avait existé dans les années 1930”, a-t-il également affirmé, pour pousser la plateforme à faire le tri dans les publicités politiques.

“Il se mouille assez peu politiquement et sa seule vraie sortie a été contre Facebook. Il vise très juste: l’ennemi face auquel on ne sait pas se déterminer en ce moment est l’ennemi algorithmique”, s’enthousiasme le dessinateur et cinéaste Joann Sfar, grand admirateur de l’humoriste.

Piéger les élus républicains

C’est ça la méthode Sacha Baron Cohen: lancer des horreurs pour faire réagir un monde qui s’habitude trop vite à la haine. Souvent accusé de renforcer les stéréotypes, Sacha Baron Cohen s’est toujours appliqué à dénoncer l’intolérance. “En tant que comédien, j’ai essayé d’utiliser mes personnages pour amener les gens à baisser leur garde et à révéler ce qu’ils croient réellement, y compris leurs propres préjugés”, dit-il.

Un temps, cette méthode n’a plus fonctionné. Après la déconvenue de Brunö (2009), il a délaissé la caméra cachée. Il n’y croyait plus. Tout en continuant avec peu de succès ses comédies concepts (The Dictator en 2012, Grimsby: Agent trop spécial en 2016), il a commencé à apparaître dans des films sérieux. Longtemps pressenti pour jouer Freddie Mercury, le leader du groupe Queen, il a finalement refusé de jouer les icônes pour prêter ses traits à des figures corrompues dans Sweeney Todd, Les Misérables ou encore Hugo Cabret.

Après l’élection de Donald Trump, en 2016, la comédie américaine semblait battue, incapable de se montrer plus inventive qu’un président en roue libre. L’envie de refaire des caméras cachées l’a démangé à nouveau. Sacha Baron Cohen a tenté de relever le défi avec Who is America, mini-série où déguisé notamment en expert israélien anti-terrorisme il piège des élus républicains.

Avec Borat 2, il passe la vitesse supérieure. Grimé en Donald Trump, il s’incruste à un meeting du vice-président Mike Pence, une femme sur l’épaule. L’événement avait fait la une des journaux américains en début d’année. Personne n’avait repéré le happening de Sacha Baron Cohen. 

“Il est à la rencontre de l’écriture absurde et de l’art contemporain”, commente Joann Sfar. “Il y a un côté presque suicidaire que j’aime beaucoup chez lui. Il est vraiment christique.”

Le dessinateur ne croit pas si bien dire: Sacha Baron Cohen a indiqué dans Time Magazine avoir failli mourir plusieurs fois sur le tournage de ses films. En juin dernier, sur le tournage de Borat 2, il a été pourchassé par des hommes lourdement armés lors d’une rassemblement d’extrême droite. Il doit son salut à une voiture de secours et au gilet pare-balles qu’il portait sous son costume. “J’ai eu de la chance de m’en sortir en un seul morceau.” Et de pouvoir en rire aujourd’hui.



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