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le cri d’alarme de la Sacem



La Sacem demande une aide financière pour les auteurs du monde de la musique, et évoque les pertes de l’institution elle-même.

“Le temps presse pour sauver la scène française, arrêtée totalement ou partiellement depuis 9 mois”, par la crise sanitaire, s’inquiète auprès de l’AFP Jean-Noël Tronc, directeur général de la Société des auteurs, compositeurs et éditeurs de musique (Sacem).

“L’impact de cette crise se fera encore ressentir sur 2021 et 2022 dans la filière musicale”, précise-t-il. Jean-Noël Tronc demande “que sur le budget annoncé de 170 millions d’euros du Centre national de la musique (CNM), il y ait au moins 30 millions qui aillent aux auteurs, compositeurs et éditeurs de musique, maillons clé de la création”.

Société à l’agonie

La Sacem souhaite également “que les médias et les diffuseurs de musique donnent une plus grande place aux artistes français”. Par ailleurs, la Sacem, “société privée à but non lucratif”, comme le rappelle Jean-Noël Tronc, souffre elle-même “d’une perte d’exploitation de près de 30% et n’a pas reçu un euro d’aide”.

“Il y a un plan d’économie massif qui, hélas, passe par une réduction des frais de personnel, avec un plan de départs volontaires pour éviter les départs forcés”, explique Jean-Noël Tronc.

France Inter évoquait 150 postes concernés, sur 1.300 salariés, nombre sur lequel Jean-Noël Tronc n’a pas voulu revenir tant que “les discussions sont en cours avec les organisations syndicales”.

Cérémonie annuelle annulée

La Sacem a annulé sa traditionnelle cérémonie des Grands Prix, afin d’attribuer ce budget à son fonds de secours pour ses sociétaires. Mais les récompenses ont été remises virtuellement sur les chaînes Youtube et les réseaux sociaux de la Sacem.

Aya Nakamura est doublement sacrée avec le Grand Prix du répertoire Sacem à l’export et le Grand Prix de la SDRM (société relative au droit de reproduction des oeuvres).

Le Grand Prix des musiques urbaines revient à NTM. “C’est le premier prix qu’on reçoit depuis qu’on fait de la musique avec Kool Shen!”, commente JoeyStarr dans la web-série diffusée par la Sacem cette semaine. “Ça manque, ça gratte, ça coince, ça grince”, confie-t-il en évoquant l’absence des concerts.

Le secteur des musiques actuelles, en l’espèce, est l’un des plus durement frappés par la crise sanitaire, puisque les concerts debout sont toujours interdits et les grandes jauges, comme Bercy ou Zenith, toujours bannies.

Les concerts toujours à l’arrêt

La ministre de la Culture Roselyne Bachelot s’est exprimée sur le sujet dans un entretien au média en ligne Konbini la semaine dernière: “À ce stade, j’ai du mal à imaginer qu’on puisse autoriser des spectacles debout tant qu’on n’aura pas trouvé un vaccin et qu’il ne sera pas largement diffusé dans le public”.

Le “spectacle debout a une caractéristique, c’est que, qu’on le veuille ou non, les gens, les spectateurs, s’agglutinent au pied de la scène où se produisent les artistes”, soulignait-t-elle encore.

Pour Rone, lauréat du Grand Prix des musiques électroniques, la crise sanitaire est une période “pleine d’angoisse, de hauts et de bas”. “C’est une période étrange pour le tout le monde (qui rappelle) que rien n’est acquis”, renchérit l’Américaine Billie Eilish, Prix de l’oeuvre internationale de l’année.





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