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La traductrice de la nouvelle version française d’Autant en emporte le vent explique sa méthode de travail



Hasard de calendrier: alors que le classique du cinéma Autant en emporte le vent a été retiré temporairement de HBO Max, le temps d’ajouter de la contextualisation à ce film jugé raciste par de nombreux universitaires, une nouvelle traduction de l’œuvre originale de Margaret Mitchell paraît ce jeudi aux éditions Gallmeister. 

Publiée en deux volumes (720 pages chacun, 13 euros), en format poche, cette nouvelle version a nécessité un an de travail et de recherches de la part de la traductrice Josette Chicheportiche qui a eu la difficile tâche de revisiter une œuvre superbe et flamboyante, mais aussi terriblement datée et scandaleuse dans sa façon de décrire les rapports raciaux dans le Sud esclavagiste.

Fresque intemporelle sur l’amour et la guerre, Autant en emporte le vent raconte l’histoire de Scarlett O’Hara, fille de riches propriétaires sudistes, qui va voir son monde s’effondrer avec la guerre de Sécession. Réfugiée à Atlanta à la suite d’un chagrin d’amour, elle y croisera l’aventurier Rhett Butler, avec qui elle partagera une passion tragique…

“J’ai essayé d’avoir un style chantant”

Dans la version française éditée depuis 1939 par Gallimard, le traducteur “historique” de Margaret Mitchell, Pierre-François Caillé (1907-1979) avait choisi de faire parler les Noirs de la plantation de façon caricaturale remplaçant notamment les sons “r” par une apostrophe. Ce que la nouvelle traductrice Josette Chicheportiche a décidé d’enlever: 

“On part du principe que les Noirs peuvent prononcer le ‘r’. Je trouve ça quand même incroyable de virer les ‘r’ et de les remplacer par des apostrophes”, a-t-elle indiqué à BFMTV. “J’ai regardé comment Maupassant ou George Sand faisaient parler les paysans et j’ai essayé d’avoir un style chantant, un peu musical dans leur façon de parler.”

Parallèlement à la sortie de la nouvelle version du roman chez Gallmeister, Gallimard publie également jeudi, dans sa collection de poche Folio, une nouvelle édition en deux volumes de l’unique livre de Margaret Mitchell. Les lecteurs y retrouveront la traduction de Pierre-François Caillé mais découvriront aussi une partie de la correspondance inédite entre le traducteur français et l’écrivaine américaine décédée accidentellement en 1949.

“Bien qu’étant indéniablement un produit de son temps, au même titre que le roman”, la traduction de Pierre-François Caillé “continue de ravir par son charme et d’impressionner par sa rigueur”, soutient Gallimard qui a détenu les droits exclusifs du livre jusqu’au 1er janvier, avant que le roman tombe dans le domaine public.





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