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“Je ne voyais pas la lumière au bout du tunnel”



L’humoriste, dont le film Ducobu 3 ressort ce lundi 22 juin, revient sur le succès de son film, raconte comment il a vécu le confinement et annonce préparer un nouveau film avec Franck Dubosc.

L’année 2020 promettait d’être particulière pour Elie Semoun, avec la sortie au cinéma de son premier film en tant que réalisateur, Ducobu 3. Stressé avant de livrer au public ce film qu’il avait imaginé pour toute la famille, il a été rassuré en découvrant l’accueil du public en février dernier: 1,4 million de spectateurs se sont rués en salles pour voir son film, qui est pour l’instant le plus gros succès du cinéma français cette année.

Le rêve s’est transformé en cauchemar lorsque les salles ont fermé en mars en raison de la pandémie. Alors que Ducobu 3 ressort au cinéma ce lundi 22 juin, l’humoriste confie à BFMTV son mal-être pendant le confinement et évoque ses projets, dont un quatrième volet de Ducobu et un projet de comédie avec Franck Dubosc.

Vous avez connu beaucoup d’émotions pour un jeune réalisateur: votre film était le plus gros succès de l’année, avec 1 462.092 entrées et les cinémas ont fermé. Comment l’avez-vous vécu?

Je crois qu’on a eu de la chance du début jusqu’à la fin avec ce film. Et on continue d’en avoir, entre guillemets. Le tournage s’est passé d’une manière idyllique. On est sorti à la fin du mouvement des gilets jaunes et on a fini au début du coronavirus. On a eu le temps de remplir les salles. Le film a pu remplir sa mission de film familial. Le corona a été une grande frustration, en tant qu’artiste. Ma tournée [pour son spectacle Elie Semoun et ses Monstres, NDLR] s’est arrêtée en plein vol. Mais là on a une chance incroyable: le film a le droit à une deuxième vie, et même à une troisième et à une quatrième, parce qu’il y a eu la VOD et il va y avoir le cinéma le DVD.

C’est vous qui avez choisi de le sortir en VOD plus tôt?

Je ne suis qu’un simple artiste. Ce n’est pas moi qui prend ces décisions, mais c’est vrai que j’ai un peu harcelé UGC en leur disant que les gens étant confinés, c’était l’occasion pour eux de voir un film vraiment familial. J’aurais presque voulu qu’il soit disponible beaucoup plus tôt [Il a été mis en VOD à partir du 7 mai, NDLR].

C’est important que votre film soit présent lors de la réouverture des salles pour soutenir les exploitants?

Oui. On vit une période assez exceptionnelle, dans le mauvais comme dans le bon sens du terme. Je parle en tant qu’artiste: savoir que pendant trois mois les salles de spectacle de tout genre ont été fermées, ça me fait de la peine. Vous ne pouvez pas savoir la frustration que nous avons ressentie en ne pouvant pas nous exprimer.

Comment avez-vous vécu le confinement?

J’ai regardé pas mal de films, mais je n’ai pas pu lire un seul livre, alors que je suis un grand lecteur. Je ne sais pas pourquoi. C’était une période assez anxiogène. Je ne voyais pas la lumière au bout du tunnel. Je n’ai même pas réussi à écrire la suite de Ducobu. J’ai juste réussi à faire des vidéos sur Instagram avec Franck Dubosc. Je ne suis pas un grand fou des réseaux sociaux, mais j’ai pu garder un contact avec le public grâce à Instagram. Ca a été une fenêtre ouverte sur le monde.

Comment sont nés ces sketches confinés avec Dubosc?

On s’appelait tous les jours. On cherchait des idées. Parfois c’était lui qui les amenait, d’autres fois c’était moi. On a l’habitude, on a une grande complicité. On se comprend vite. C’était génial. Je ne suis heureux que quand je crée. Il y a un an et demi – deux ans, j’ai écrit le film, j’ai fait un album, j’ai écrit un livre sur mon jardin, j’ai écrit mon spectacle. Je passais d’un registre à un autre et j’étais le plus heureux du monde. Là, évidemment, c’est assez futile ce qu’on a fait. Mais c’était quand même de la création et j’avais l’impression à chaque fois qu’on proposait des sketches aux gens que ma journée avait été utile. Sinon, le reste du temps, quand je m’ennuyais et que je tournais en rond dans mon jardin, c’était horrible.

Vous avez profité de la période pour cultiver votre jardin?

J’ai la chance d’avoir une maison en banlieue et un beau jardin. C’est ma passion. Donc, oui, je l’ai embelli. Tous les jours, je faisais le tour du jardin, je regardais quelles mauvaises herbes je n’avais pas encore enlevées…

La télévision a diffusé beaucoup de comédies du patrimoine, avec d’excellents scores, mais la démarche a été critiquée par certains qui ont estimé que la TV aurait pu profiter de l’occasion pour diffuser des films plus difficiles d’accès, moins diffusés..

Il y a toujours des débats complètement idiots. Je ne comprends pas. Il y a toujours quelqu’un pour critiquer. C’est fou. Si on veut des films plus difficiles d’accès, il y a Arte, qui est une très bonne chaîne, ou on les cherche soi-même et on les regarde. Rien ne nous est imposé. Si on n’a pas envie de voir La Septième Compagnie, on ne la regarde pas. Il y a toujours un mépris pour le pur divertissement populaire. Comme c’était une période un peu stressante, j’ai senti un besoin très fort du grand public de s’amuser, de penser à autre chose.

Vous avez mal vécu le confinement, mais aussi le déconfinement…

Je suis sorti comme tout le monde. Là, c’est en train de se détendre, mais vous avez dû vous en rendre compte aussi: il y avait une grande défiance et une grande méfiance. Les gens faisaient des détours dans la rue, ils n’osaient pas se toucher. J’ai frôlé une femme dans la rue et elle a hurlé. Ca m’a presque donné envie de ne pas ressortir. Je n’avais qu’une idée: rentrer chez moi et attendre que ça se passe.

Ca ne va pas vous empêcher d’aller au cinéma le 22 juin?

Pas du tout du tout! Ni d’aller au théâtre, ni d’aller voir mes potes. Je ne suis pas du genre parano ou hypocondriaque. Peut-être que j’irai voir Invisible Man – ça ne me semble pas mal. Et peut-être que j’irai voir De Gaulle. Au début, je me suis dit que c’était un film pour les vieux. Mais ça n’a l’air pas mal en fait! Et peut-être que j’irai revoir mon film. Ca fait longtemps que je ne l’ai pas revu.

Ducobu 4 sera votre prochain film en tant que réalisateur?

Il y a des chances. Normalement, d’après ce que m’a promis Romain Rojtman d’UGC [le producteur du film, NDLR], dans un an on tourne à partir du mois de juillet. On a déjà une très bonne idée. J’ai envie d’être encore plus exigeant.

C’est donc beaucoup plus simple pour écrire depuis le déconfinement?

Beaucoup plus simple. On a une vision un peu plus claire de ce qui va nous arriver. On sait que les choses vont revenir à la normale. C’est plus agréable, c’est plus motivant.

Le fait de retrouver Dubosc pour des sketches pendant le confinement vous a-t-il donné envie d’écrire ensemble une comédie?

Complètement. On se l’est dit. On s’est dit qu’on devait se trouver un sujet pour nous deux. C’est marrant parce que son film Dix jours sans maman a eu un grand succès. On a tous les deux eu du succès [avant le confinement]. Ca nous a fait rire. C’est peut-être un signe: peut-être que les gens aimeraient certainement nous voir tous les deux sur grand écran. Ca pourrait être cool.

Que va-t-il se passer pour la tournée de votre spectacle Elie Semoun et ses Monstres? Les salles de spectacle ne sont pas encore ouvertes…

J’avais encore une cinquantaine de dates… Je vais la reprendre le 18 septembre. Je vais jouer au Casino de Paris en décembre. J’espère que ce putain de virus ne va pas revenir nous embêter et que tout va revenir comme avant. Je l’ai dit sur mon Instagram: la culture, ce n’est pas un luxe. C’est ce qu’on a fait pendant trois mois: on a lu des livres, on a regardé des films et des séries, on a écouté de la musique. On est utile.



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