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“Je me dis que si je suis ridicule, c’est que je suis à la bonne place”



A l’affiche ce mercredi du film Parents d’élèves, il raconte son difficile apprentissage des codes du cinéma, ses castings ratés et comment il prépare, en pleine pandémie, un nouveau one-man-show.

Humoriste, chroniqueur télé, comédien de théâtre et maintenant acteur de cinéma: depuis une petite dizaine d’années, Vincent Dedienne s’essaye à tous les types de jeu, avec une aisance et une désinvolture qui en ont fait un des artistes comiques les plus prisés de ses dernières années.

Cette année, il a décroché coup sur coup deux premiers rôles, le premier cet été dans Terrible Jungle, et le deuxième ce mercredi 7 octobre dans Parents d’élèves, atypique comédie romantique où il incarne un gaffeur lunaire, comme une version française de Hugh Grant.

A l’occasion de la sortie de cette comédie de Noémie Saglio (Connasse, princesse des cœurs, Plan Cœur), Vincent Dedienne raconte son difficile apprentissage des codes du cinéma, son impossibilité à passer des castings, et comment il prépare, en pleine pandémie, son nouveau one-man-show.

Parents d’élève est le film où vous êtes le plus à l’aise à l’écran… On sent votre plaisir à chaque seconde. Il n’y a pas un plan où vous ne souriez pas…

Je suis encore un peu trop jeune, et un peu trop nouveau au cinéma pour déjà me faire chier! (rires) Ce serait con. En plus, je ne fais pas beaucoup de films. Je fais du théâtre, mes spectacles. Quand je fais du cinéma, c’est vraiment parce que le sujet me plaît beaucoup.

Vous avez quand même fait huit films en deux ans…

Ah bon? Mais ce sont des petits rôles à chaque fois! Je suis captivé par cette petite découverte que ce n’est pas le même métier [que jouer sur scène]. C’est un engagement, une technique, un rythme différents.

Dans Terrible Jungle, cet été, votre personnage était perdu en Amazonie. Dans Parents d’élèves, il s’égare dans une forêt de la banlieue parisienne… Ca devient une habitude!

(Rires). Je suis peut-être en train de me spécialiser dans la galère en forêt! Peut-être que je suis un acteur qu’on aime bien mettre dans l’hostilité totale. Qu’est-ce que je peux faire après la jungle et la forêt? Un sous-bois? Une clairière? (rires) Plus je vais faire des films, plus je vais devenir bourgeois et plus j’aurai des hostilités bourgeoises, confortables.

C’est votre objectif de devenir bourgeois?

Non, non. Je dis ça pour rigoler. C’est l’inverse.

Être un héros de comédie romantique, ce n’est pas un peu faire partie de la bourgeoisie du cinéma?

Ah! Peut-être. Mais quand même peut-être pas tout à fait. Avec Noémie, Camélia Jordana, c’est quand même un peu punk. Ce n’est pas tout à fait VIe arrondissement. On était quand même dans le XIIe! La comédie romantique est un exercice de style très marrant à faire.

Pourquoi?

Parce qu’on en a tous vu beaucoup. J’adore ce genre. J’aime bien quand on me prend par les sentiments. Là, il y avait la possibilité en plus de réinventer un peu le genre. Je ne suis pas François Civil et Camélia n’est pas Ana Girardot. On a des gueules un peu biscornues pour des héros de comédies romantiques et en même temps dans le film je nous trouve bien filmés. Mais je ne me suis jamais dit que j’allais faire tomber les meufs au cinéma – loin de ça. La romance, les bisous, la drague, la séduction… Je ne suis déjà pas à l’aise avec ça dans la vie. Je suis quand même vite rattrapé par ma pudeur.

Et en même temps dans Parents d’élèves vous n’avez pas peur de porter des vêtements trop petits pour vous ou d’enfiler un costume de poulet assez ridicule…

Comme quoi, vous voyez, je ne suis pas à une contradiction près. Il vient de je ne sais quelle friperie, ce costume de poulet! Il était affreux! (rires) Le ridicule est un costume. Je me dis que si je suis ridicule, c’est que je suis à la bonne place, que je suis un peu protégé. C’est quand on commence à ne pas se trouver ridicule, quand on commence à s’aimer beaucoup que ça commence à craindre.

Vous disiez être bien filmé dans Parents d’élèves. Vous y prêtez beaucoup d’attention?

Pas du tout, mais je m’en rends compte une fois que je vois le film. Il y a eu des fois où j’ai eu beaucoup plus de mal à me voir. Après, je commence à être habitué à ma gueule. Là, c’était moins pénible que d’habitude de me voir à l’écran.

Il paraît que vous êtes nul en casting.

C’est vrai. Je les rate systématiquement – ou presque. Le pire étant le dernier que j’ai passé. C’était un casting en anglais pour le mec qui a fait The Square, Ruben Östlund. Il fallait apprendre une scène en anglais. J’ai mis trois semaines à l’apprendre par cœur avec les bons accents toniques. Je la connaissais par cœur. C’était à 10h du matin. Je suis arrivé à l’heure dite et le mec m’a dit, “bon, on ne va pas faire la scène, on va improviser.” Je me suis retrouvé à essayer d’improviser avec un niveau de quatrième en anglais. C’était immonde. À 10 heures et demi, j’étais sorti et à 10h35, je buvais un verre de vin blanc au PMU d’en face. Pour me remettre de cette humiliation.

À ce point?

Ah oui. Les castings, il est toujours question de susciter le désir. Il faut être à la fois acteur et vendeur. Et ce n’est pas comme ça que je suis le meilleur.

Si vous ne passez pas de casting, comment obtenez-vous des rôles?

J’ai un agent, qui lit des scénarios et défend mes intérêts. Parfois, ça se finit au PMU au vin blanc. Et parfois c’est William Lebghil qui refuse un rôle et ils sont bien obligés de se rabattre sur moi! (rires)

Beaucoup de réalisateurs et de réalisatrices vous contactent directement?

Ah non, il n’y en a pas beaucoup, du coup. Mais il y en a quelques-uns et on se rencontre au café. Comme je fais souvent des spectacles seul sur scène, j’ai besoin de former un duo avec la réalisatrice ou le réalisateur. Il faut qu’il y ait un désir en commun. C’est ce qui s’est passé avec Noémie Saglio. On s’est rendu compte qu’on était frère et sœur de bêtises.

Vous êtes différent au cinéma et sur scène, votre débit est plus lent.

Les réalisateurs me le demandent. En février, un film que j’aime beaucoup, L’Étreinte, un drame avec Emmanuelle Béart, va sortir. Son réalisateur, Ludovic Bergerie, a passé son temps à me dire d’aller moins vite. C’est ça qui me passionne en ce moment au cinéma: être entre les mains d’un créateur ou d’une créatrice qui va faire de moi ce qu’il ou elle veut. C’est très agréable.

Parents d’élèves est une comédie romantique atypique. La comédie française est-elle trop frileuse selon vous?

Il y a plein d’acteurs en France qui veulent faire de la comédie, qui peuvent en faire, mais n’en font pas. On a un peu tendance à toujours prendre les mêmes. La comédie peut se réinventer dans l’écriture et dans la réalisation, mais doit aussi le faire par le casting. Regardez Ami-Ami avec William Lebghil et Margot Bancilhon. Ils sont merveilleux. Ce sont des nouveaux visages. Il y a aussi Jonathan Cohen. Il a une énergie incroyable [il joue dans sa prochaine comédie, La Flamme, NDLR]. Et il y a Aline de Valérie Lemercier en novembre! Franchement, ça va aller. L’encéphalogramme n’est pas tout à fait plat pour la comédie française.

Vous préparez un nouveau spectacle. Comment faites-vous en pleine pandémie?

Je me refuse à faire rentrer le virus dans l’écriture. Il est déjà assez omniprésent dans ma vie. Il faut que je termine le 31 décembre. Je répèterai le spectacle en janvier. Je suis censé le jouer à partir du 10 février.

Vous écrivez aussi un film, Le Moral des Français

J’adore ce scénario, qu’on a écrit avec [le réalisateur] Mikael Buch. C’est l’histoire d’un acteur en tournée avec son one-man-show dans la France de l’entre-deux-tours de la dernière élection présidentielle. C’est à mi-chemin entre une comédie romantique et une comédie politique. On est en train de chercher des sous et ce n’est pas fastoche. J’espère qu’on va y arriver. Le casting est super. Il y a Nathalie Baye et Chiara Mastroianni. On va peut-être se tourner vers les plateformes.



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