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“J’ai l’impression que les gens découvrent qu’il y a du racisme dans le monde”



Lucien Jean-Baptiste, à l’affiche cet été d’Adorables et de Tout simplement noir, raconte comment la comédie peut faire changer les mentalités.

Réalisateur à succès de La Première étoile et de Il a déjà tes yeux, Lucien Jean-Baptiste revient sur le devant de la scène en tant que comédien. Alors qu’il s’apprête à tourner C’est quoi ce papy?!, il est à l’affiche cet été de deux comédies très différentes.

Dans Tout simplement noir de Jean-Pascal Zadi et John Wax, au cinéma depuis le 8 juillet, il joue son propre rôle dans une scène hilarante où il se plaint des critiques envers ses films. Dans Adorables de Solange Cicurel, en salles le 22 juillet, il incarne un papa poule pris au milieu d’une guerre entre une mère (Elsa Zylberstein) et sa fille (Ioni Matos).

Deux films d’actualité, l’un sur le racisme, l’autre sur les ravages du confinement, qui permettent de rappeler, raconte Lucien Jean-Baptiste à BFMTV, comment la comédie peut faire changer les mentalités.

Vous êtes cet été à l’affiche de deux comédies très différentes en apparence, mais qui partagent un ton grinçant, inhabituel dans les fictions françaises…

Grinçant, je ne sais pas, mais, en tout cas, ce sont des comédies qui poussent le curseur plus loin qu’à l’ordinaire. C’est très agréable. Jean-Pascal [Zadi] a eu la bonne idée de voir qu’il y avait une sorte de colère en moi. Il m’a dit que c’était le moment de l’exprimer. Adorables va plus loin que des films comme La Boum ou LOL où les parents sont un peu trop “pépères”. On sent bien dans ces films que le problème vient de la fille. Dans Adorables, le problème vient aussi des parents. Quand on voit les “pétages de plomb” d’Elsa Zylberstein, c’est magnifique. La période de l’adolescence n’est pas facile pour les enfants comme pour les parents. J’ai plus un rôle de casque bleu dans cette relation mère-fille.

Après le confinement, Adorables peut avoir un côté cathartique.

Oui (il rit). Ce qui va être bien, c’est que ça va servir de support pour pouvoir échanger, discuter. J’imagine le nombre de situations catastrophiques qu’il a pu y avoir pendant le confinement… Après avoir vu Adorables, les familles vont pouvoir se dire: ‘il faut qu’on se parle’. Au-delà de la crise d’adolescence, le film aborde plein d’autres problématiques: le rapport de couple, le travail des femmes…

Le film met aussi en scène une famille métisse, ce qui est assez rare dans le cinéma français…

Oui! Ce qui est formidable, c’est que la réalisatrice le fait sans en parler. Il n’y a rien de plus beau. Il y a un Noir, une Blanche, ils sont ensemble, ils ont une fille métisse et on n’en parle pas. Le travail va se faire. Parce qu’avec l’humour, on fait avancer le schmilblick. C’est la façon dont je travaille depuis des années avec mes films. On me dit souvent que La première étoile, ce sont des Noirs qui vont au ski. Mais pas du tout! C’est un père qui essaye d’apporter du rêve à ses enfants. C’est une révolution douce.

Dans Tout simplement noir, Fabrice Éboué vous reproche de ne pas mettre en valeur les Noirs dans La Première étoile.

C’est son interprétation [de mes films], oui. Il est super fort, Zadi. Il a tout compris. Il met les pieds dans le plat. Il dit que tout ça, c’est des conneries. Noir, jaune, vert, rouge… On a créé ces divisions. Ce sont des prétextes à tout. Il dénonce bien cette notion de “les”, quand on dit “les” femmes, “les” Noirs, “les” vieux, “les” Arabes. Les, les, les… c’est quoi ce “les”? Ce mot qui fait un d’un tout, alors qu’il y a tant d’individualités, tant d’histoires différentes… C’est la force du film de Zadi de parler de ces sujets avec humour. Ce film fait du bien à tout le monde. Ce n’est pas du tout un film communautaire, partisan. C’est un film qui rit avec tout ça, qui est tellement intelligent. Qu’est-ce qu’on fait avec les Indiens? Les scènes avec Vikash [Dhorasoo, NDLR], c’est magnifique. On est tous le noir de quelqu’un. Je vais vous dire la vérité: je suis presque jaloux, j’aurais aimé le faire celui-là.

Vous réalisez en priorité des comédies familiales. C’est important pour vous?

Je raconte mes histoires. Je n’invente rien. Quand je parle du ski, c’est parce que ma mère n’avait pas de thune et elle nous amenait au ski. Je n’avais jamais connu mon père et j’ai essayé d’imaginer un père nul, mais présent. Voyez, je ne vous ai pas encore parlé de Noirs. Mon deuxième film, c’est un mec qui retournait dans son pays d’enfance. Qui ne connaît pas ce que j’ai vécu?

Vous disiez que vous aviez un rôle de casque bleu dans Adorables. C’est la position que vous préférez avoir dans les conflits?

Non. J’aime bien mettre les pieds dans le plat, mais à ma façon. On n’est pas toujours obligé de hurler, de marcher le poing levé. Ça dépend de quoi on parle, évidemment.

Tout simplement noir sort dans un contexte particulièrement fort…

Ça fait 1.000 ans que le contexte est fort! J’ai l’impression que les gens découvrent qu’il y a du racisme dans le monde. Ma position n’est pas de dire qu’il se passe quelque chose de fort en ce moment. Il s’est toujours passé des choses fortes. Je trouve ça très sain que les gens se réclament de la liberté, de l’égalité et de la fraternité. Tout ce qui sort de ça ne m’intéresse pas. Je suis pour un monde de paix et d’amour. C’est peut-être idéaliste, mais je m’en fous.

Dans Tout simplement noir, vous reprochez à Fabrice Éboué d’avoir voulu faire rire avec l’esclavage dans Case départ. C’est l’idée que les œuvres de fiction ont une responsabilité. Que pensez-vous des débats actuels pour supprimer les épisodes de séries qui contiennent des acteurs blancs grimés en noirs?

(Il souffle.) Mais non! S’il suffisait juste d’enlever un film pour que le monde change, mon bon monsieur! Le problème est bien plus vaste que ça: il est systémique. Nous sommes tous responsables. Si nous voulons que le monde change, c’est chacun au quotidien, chacun à son niveau. On dit souvent que Paris est sale, mais ce sont les Parisiens qui sont sales! (rires).

Vous tournez cet été C’est quoi ce papy?!, la suite de C’est quoi cette famille?! et de C’est quoi cette mamie?!

Ça continue, formidable, vive les franchises! Les Américains le font, et nous aussi en France on le fait! (il rit). Ça va être bien, il y a plein de nouveaux personnages. C’est un beau projet qui continue. Ça fait plaisir aux gens. Une fois de plus, c’est un film support pour parler des familles recomposées. C’est très intéressant quand la comédie est la base de réflexion sur les sujets sociétaux importants.

Vous avez des projets en tant que réalisateur?

Je suis en train de faire l’adaptation d’un film espagnol. Ce sera mon prochain long-métrage. Je suis vraiment au début. C’est une comédie qui a pour l’instant le titre Et maintenant. Ce sera lié au Covid, mais sans être lié [au Covid] (il rit). Ce sera une surprise. Ce n’est pas un film opportuniste, mais on peut se servir [du Covid] pour une réflexion sur le monde de demain. Il y aura des noirs, des blancs, des jaunes, des verts, des rouges! Il y aura toutes les couleurs de l’arc en ciel.



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