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“Ip Man 4”, le seul blockbuster à voir cet été au cinéma



Le film de kung-fu Ip Man débarque pour la première fois au cinéma en France. L’occasion de voir sur grand écran le seul blockbuster à sortir cet été, mais aussi une œuvre très politique.

Si la sortie de Mulan semble de plus en plus incertaine, quelques jours après le report sine die de Tenet de Christopher Nolan, il reste un seul blockbuster à voir cet été dans les salles de cinéma. Ce film, Ip Man 4, est la conclusion épique d’une franchise d’arts martiaux qui impressionne depuis une douzaine d’années les amateurs du genre avec ses combats signés par les plus grands chorégraphes du 7e Art, Sammo Hung (Zu, les guerriers de la montagne magique) et Yuen Woo Ping (Matrix).

Réalisée par Wilson Yip (SPL), la série des Ip Man est désormais considérée comme un classique du cinéma hongkongais, dans la lignée des Il était une fois en Chine de Tsui Hark. La sortie, ce mercredi 22 juillet, de Ip Man 4 est un événement. Jusqu’à présent, les films consacrés à cette légende du kung fu, devenue à la fin de sa vie le maître de Bruce Lee, n’avaient connu, en France, qu’une exploitation en DVD. La sortie du quatrième film de la saga dans plus de 400 salles, en pleine pandémie de coronavirus, ressemble aux multiples défis que doit relever à l’écran Ip Man.

Incarné par Donnie Yen, Ip Man est le héros vertueux par excellence. Il représente, à l’image de Wong Fei-hung (Jet Li) d’Il était une fois en Chine, un modèle de sagesse. La saga Ip Man retrace son parcours depuis l’invasion de la Chine par les Japonais en 1938 jusqu’à la fin de sa vie, dans les années 1960, alors que son disciple Bruce Lee tente de devenir une star aux Etats-Unis.

Chaque film suit une structure bien précise, où Ip Man est confronté à de grands défis (la perte de son pays, la maladie de sa femme) dont il doit apprendre à triompher par d’autres moyens que la force de ses poings. Donnie Yen y montre l’étendue de ses talents dans des séquences de plus en plus sophistiquées au fil de la saga. Plusieurs combats sont devenus célèbres, comme celui, très aérien, opposant dans le 2e film la légende Sammo Hung à Donnie Yen sur une table. L’affrontement entre Donnie Yen et Mike Tyson, dans le 3e film, a aussi retenu l’attention des fans.

Amitié avec Bruce Lee

Le quatrième volet, annoncé comme le dernier de la saga, sort à point nommé, dans un contexte de forte médiatisation des violences racistes. Situé principalement aux Etats-Unis, en 1964, le film met en scène une société américaine gangrenée par un racisme systémique. Ip Man se rend à San Francisco pour trouver une école à son fils, qu’il élève seul depuis la mort de sa femme. Sur place, il se heurte à la folie de Barton Geddes, sergent des Marines qui veut détruire une école d’arts martiaux de Chinatown.

Ce sujet avait déjà été abordé dans le deuxième volet de la saga, mais sans réelle profondeur et d’une manière plus comique, note le YouTubeur Accented Cinema dans une vidéo explorant la manière dont Ip Man 4 dénonce le racisme systémique aux Etats-Unis. Tout en affirmant qu’il n’est pas raciste, Barton Geddes s’emploie méthodiquement à effacer la culture chinoise et hongkongaise, allant même jusqu’à brûler, dans une scène rappelant l’imagerie du Ku Klux Klan, un mannequin de bois pour s’entraîner au kung-fu.

Le film aborde cette dimension politique tout en s’efforçant d’éviter les généralisations. Lorsque Ip Man débarque aux Etats-Unis, il doit aussi faire face à la méfiance de la communauté chinoise locale en raison de son amitié avec Bruce Lee, dont l’objectif est d’apprendre aux Américains le kung-fu. Ip Man croise aussi au cours de son épopée américaine une série de personnages ouverts d’esprit, à commencer par un haut gradé de l’armée américaine qui envisage de faire apprendre à ses soldats le kung fu.

Face au racisme, le film invite à suivre l’exemple de Ip Man et de Bruce Lee, comme l’a raconté Donnie Yen au magazine Cinémateaser, en mars dernier: “Ce qui m’a toujours plu, c’est [la] philosophie [de Bruce Lee, NDLR]. Aller toujours de l’avant. Il avait foi en cela. Peu importe les origines, tout le monde aimait Bruce Lee: à travers lui, on croit à son propre accomplissement. Peu importe qui vous êtes, vous pouvez accomplir ce que vous voulez, en travaillant. Voilà ce qui m’a toujours inspiré chez lui.”

“Le plus gros succès d’un film de kung-fu en Chine”

Si Ip Man 4 soigne autant son message politique, c’est qu’il est en réalité le dernier film de kung-fu de Donnie Yen – et donc son testament. Plus grande star du cinéma chinois, considéré comme la relève de Jackie Chan et de Jet Li grâce à sa dextérité dans les combats – notamment dans Il était une fois en Chine 2: la secte du lotus blanc (1992), Iron Monkey (1993), Hero (2002), ou encore SPL (2005) – il est désormais courtisé par Hollywood.

S’il a tiré un trait sur les films d’arts martiaux, il reste une star d’action, comme il l’a prouvé par ses participations à Rogue One, XXX: Reactivated et Mulan. Il ne regrette en tout cas pas son choix, qui confère à Ip Man 4 une dimension mélancolique inédite dans la franchise:

“Après avoir fait quatre films qui ont eu un tel impact et une telle influence, j’ai trouvé qu’il était temps… Pour moi, c’est presque spirituel de dire au revoir aux films de kung-fu”, a indiqué Donnie Yen à Cinémateaser. “C’est mon héritage ; quand quelqu’un étudiera le cinéma de kung-fu, il étudiera la franchise Ip Man comme une référence, quelque chose à choyer. Pourquoi tout gâcher? Le dernier en date a été un succès incroyable [175 millions de dollars au box office mondial, NDLR], c’est le plus gros succès d’un film de kung-fu en Chine. Et il a été autant un succès financier qu’un succès critique. Je crois qu’il serait sage pour moi d’arrêter là.”





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