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Dans les coulisses du documentaire “Escobar, l’héritage maudit”


RMC Story diffuse vendredi les deux premiers épisodes de Escobar, l’héritage maudit,, sur le fils du plus célèbre narcotrafiquant de tous les temps. Thomas Misrachi, auteur de ce documentaire, nous raconte ce tournage.

Existe-t-il patronyme plus difficile à porter? Héritage plus difficile à endosser? Juan Pablo Escobar, fils du plus célèbre narcotrafiquant de la planète, mène aujourd’hui une vie rangée d’architecte, dans une quartier résidentiel de Buenos Aires en Argentine, avec sa femme et son fils. Mais il a connu mille vies, un luxe insensé et l’insouciance, la violence aussi, puis la déchéance et la fuite, l’anonymat et enfin la rédemption. Cet homme au destin incroyable a accepté de se confier à Thomas Misrachi, journaliste de BFMTV, qui en a tiré une passionnante série documentaire, Escobar, l’héritage maudit, truffée d’archives inédites et de témoignages, en quatre parties de 52 minutes.

Alors que RMC Story diffuse ce vendredi les deux premiers épisodes, Thomas Misrachi nous en raconte les dessous, et nous parle de ce personnage qui a grandi dans l’ombre d’un père à la fois monstrueux et adoré. Un père qui a le sang de milliers de personnes sur les mains, et dont il doit aujourd’hui assumer l’héritage, lui qui a choisi la voie opposée, celle de la non-violence et de la réconciliation.

Le tournage de la série documentaire “Escobar, l’héritage maudit”. © Thomas Misrachi

Tout commence il y a trois ans, lorsque le journaliste interviewe le fils du narcos pour BFMTV. Juan Pablo Escobar est de passage à Paris pour la promotion de son livre Pablo Escobar mon père. “On est devenus copains, parce qu’on restaurait tous les deux des vieilles motos. Et un jour, il m’a invité à un road trip à moto avec ses cousins en Colombie… Je me suis dit ‘bon ok, le fils de Pablo Escobar m’invite à un road trip en Colombie avec lui, il doit y avoir quelque chose à faire”, sourit Thomas Misrachi. L’idée est lancée.

Descente aux enfers

Mais avoir accès à ce fascinant personnage n’est pas tout. Restait à gagner la confiance des proches de Pablo Escobar et de son fils, et les convaincre de parler.

“On a appelé les gens, j’ai fait des aller-retour Paris-Medellin, pour aller rencontrer les gens, serrer les pognes, pour aller boire un café, pour leur expliquer ce qu’on voulait faire. Ca a pris trois ans”.

L’épouse et la sœur du baron de la drogue, témoignent ainsi dans le documentaire. La femme de Juan Pablo Escobar, qui ne s’était jamais exprimée auparavant, a également accepté de raconter leur jeunesse, leur évasion rocambolesque, l’exil.

Juan Pablo a 13 ans lorsqu’il tombe amoureux d’elle, elle en a 18. “Ca a été une histoire d’amour complètement folle, évoque Thomas Misrachi. Elle était là vers la fin de la folie Escobar, quand ils avaient tout – ils sont partis deux semaines en vacances à Las Vegas, à la fin des années 80, ils ont dépensé 500.000 dollars sans rien acheter, c’était cette vie-là – mais elle a aussi connu toute la descente aux enfers. Et elle est restée”.

Mais la personne la plus difficile à convaincre fut l’avocat qui a rédigé l’héritage de Pablo Escobar et qui a négocié la vie de Juan Pablo avec le cartel de Cali, concurrent du cartel de Medellin d’Escobar. “Il n’avait jamais parlé avant”, explique Thomas Misrachi, pas même pour le livre de Juan Pablo Escobar.

“Des archives de famille complètement dingues”

“Je me suis renseigné et j’ai vu qu’il avait étudié le droit à Assas. Je me suis dit’ j’ai peut-être une carte à jouer’. Je l’ai harcelé. Un jour il a répondu. Et il m’a reçu dans son bureau à Medellin. J’ai eu deux heures de réunion avec lui, dans un cabinet d’avocats à l’américaine, avec des grandes tables, des bouquins… hyper impressionnant. On s’est parlé pendant deux heures en français. Au bout de deux heures il s’est levé, m’a regardé d’un air hautain, et m’a dit ‘je vais vous faire confiance, on vous rappellera’. Et il est parti. Et pendant trois mois, plus de nouvelles! Et finalement, il nous a parlé. On a jamais compris pourquoi il avait accepté. Juan Pablo ne me croyait pas, j’ai dû lui envoyer un extrait des rush”.

Juan Pablo Escobar, sur le tournage de "Escobar, l'héritage maudit", de Thomas Misrachi.
Juan Pablo Escobar, sur le tournage de “Escobar, l’héritage maudit”, de Thomas Misrachi. © Thomas Misrachi

Si le documentaire regorge de documents inédits, c’est aussi parce que la famille du narcotrafiquant a ouvert à l’équipe ses archives personnelles.

“On a eu accès, au bout de quelques jours à Medellin, aux 47 albums de la famille Escobar, tous leurs albums. On a embauché quelqu’un, on a acheté un scanner, on a pris une chambre d’hôtel pour scanner, pendant un mois, tous ces albums”, évoque Thomas Misrachi. Ils ont aussi pu exploiter des images, stockées sur des VHS, “des dizaines d’heures de vidéo qui n’ont jamais été utilisées. On s’est retrouvé avec des archives de famille complètement dingues”.

Images extraite du documentaire "Escobar, l'héritage maudit".
Images extraite du documentaire “Escobar, l’héritage maudit”. © Thomas Misrachi

Le tournage a duré 11 semaines, entre la Colombie, Argentine et Mexique. “Ca a failli capoter 20 fois”, explique Thomas Misrachi. Et si l’équipe n’a jamais vraiment craint pour sa sécurité, le journaliste évoque un climat tendu lors du tournage à Cali – seul endroit où l’équipe s’est entourée de gardes armés – à l’occasion de la rencontre des deux héritiers des plus gros cartels colombiens, Juan Pablo Escobar et Miguel Rodriguez, qui ne s’étaient jamais rencontrés auparavant. “Cali, quand on a repris l’avion, honnêtement, j’étais content de partir”, se souvient le journaliste.

“J’ai vu des gamins de 10 ans se mettre à genou devant lui “

A Medellin, dans le fief de Pablo Escobar, l’ambiance était tout autre. Le baron de la drogue y est considéré comme un véritable bienfaiteur. Il a en effet financé dans les années 80 un quartier pour les familles pauvres, surnommé “Bario Escobar”, et construit sur une décharge.

“J’ai traversé ce quartier avec Juan Pablo Escobar pour le tournage, et j’ai vu des gamins de 10 ans se mettre à genou devant lui et lui baiser les mains en lui disant ‘mes parents m’ont dit ce que ton père avait fait pour nous, merci, sois béni’ Encore aujourd’hui.”

Il fallait tout de même négocier avec les chefs de quartier pour obtenir les autorisations de tournage, et rester ultra vigilant, parce que Juan Pablo Escobar est “une rock star” en Colombie. “Il y a un mythe autour de l’argent de Pablo Escobar, et les gens sont persuadés qu’il y a encore des trésors cachés. Donc ce qu’il risque, c’est l’enlèvement pour la rançon. On avait de la sécurité, on a fait très attention, assure Thomas Misrachi. Deux-trois fois, on a eu des alertes de nos agents de sécurité, qui nous ont dit ‘là il faut y aller’, et on est partis. Mais ce n’était pas le truc le plus dangereux du monde”.

Escobar, l’héritage maudit, de Thomas Misrachi et David Perissère, vendredi 8 janvier sur RMC Story, à 21h05

Magali Rangin



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