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Dans les coulisses de “Soul”, la nouvelle pépite de Pixar


Histoire de deux âmes en peine, ce film de Pete Docter disponible à partir du 25 décembre sur Disney+ est l’œuvre parfaite pour réconforter un monde déprimé par la pandémie.

Pixar ne pouvait pas rêver d’une meilleure date de sortie pour Soul, sa nouvelle production. Disponible à partir du vendredi 25 décembre sur la plateforme Disney+, ce film réalisé par Pete Docter (Là-haut et Vice-sera) est l’œuvre parfaite pour réconforter un monde déprimé par la pandémie.

Présenté comme une suite spirituelle de Vice Versa (2015), Soul aborde un sujet à l’ambition philosophique: la naissance de l’âme et la création des personnalités. L’histoire suit Joe Gardner (Jamie Foxx en V.O./Omar Sy en V.F.), professeur de musique new-yorkais qui rêve de devenir musicien de jazz. Le jour où son rêve est sur le point de se réaliser, il meurt et se réveille dans l’au-delà. Il y croise 22 (Tina Fey en V.O/Camille Cottin en V.F.), une jeune âme qui refuse de se rendre sur Terre et dont il va devenir le mentor.

Résolument optimiste, Soul est une réflexion sur le potentiel caché en chacun d’entre nous et sur la beauté des petits riens du quotidien. Un thème qui résonne tout particulièrement après cette année confinée. “Nous avons commencé à travailler sur ce film il y a cinq ans. Nous n’avions aucune manière de savoir que les choses allaient se dérouler ainsi, mais c’est vrai que Soul tombe au bon moment”, nous indique Pete Docter. “Ses thèmes résonnent par le plus grand des hasards avec ce que le monde vit actuellement. C’est pour cette raison que nous avons pris la décision de le sortir maintenant.”

De Là-haut à Soul, en passant par Wall-E et Coco, la mort est une thématique récurrente des œuvres du studio Pixar et de la filmographie de Pete Docter. Ce dernier préfère cependant dire que son film parle de la vie: “On s’est demandé pourquoi une âme qui n’est pas encore née irait sur Terre, et comment on pourrait convaincre de ce qui fait que la vie vaut d’être vécue. Il faut accepter que l’on n’est pas éternel, que notre temps est limité, et que c’est cela qui lui confère sa valeur.”

Alterner humour et émotion

Pete Docter s’est inspiré pour cela de comédies sur l’au-delà comme Le Ciel peut attendre (1978) avec Warren Beatty ou Solo pour deux (1984) avec Steve Martin et Lily Tomlin. Pour la philosophie et le look des âmes, il s’est appuyé sur Snoopy et les Peanuts de Charles M. Schulz, autre œuvre pour enfants sur la beauté des petits riens de la vie. Le nom de son héros, Joe Gardner, est enfin un hommage à Chauncey Gardiner (Peter Sellers), cet homme naïf et simple qui bouleverse dans Bienvenue, mister Chance (1979) le microcosme politique de Washington avec ses proverbes plein de sagesse inspirés en réalité par le jardinage.

L’idée du mentorat, qui traverse le film et unit le personnage de Joe à celui de 22, est un hommage aux grands de ce monde, mais aussi aux maîtres qui ont forgé Pete Docter. Le réalisateur a ainsi glissé dans Soul un discret hommage à Joe Ranft, pilier de Pixar mort en 2005. “Joe Ranft était le responsable de l’histoire sur Toy Story. Il a fait la voix de Heimlich dans 1001 pattes“, rappelle Pete Docter. “Lorsqu’on a fait Toy Story, notre premier film, il était le seul à avoir déjà travaillé sur un film auparavant. Il a été notre lumière directrice. Il avait l’élégance de nous encourager sans être prétentieux ou obséquieux. On a beaucoup appris à ses côtés en matière de divertissement et de création de personnages. C’était une pierre précieuse.”

22 et Joe dans “Soul” de Pete Docter © Pixar

Comme il l’a déjà si bien fait dans Là-haut et Vice Versa, Pete Docter parvient une nouvelle fois dans Soul à alterner avec habileté humour burlesque et émotion. La scène de l’arrivée de Joe dans l’au-delà, avant qu’il ne pénètre dans le Grand-Après, rythmée par la bande originale hypnotique de Trent Reznor et Atticus Ross, reste un des moments de cinéma les plus marquants de l’année. “Leur musique apporte tant à Soul. Grâce à leur musique, le film devient une véritable expérience sensorielle. On a l’impression de faire réellement partie de cet environnement”, commente Pete Docter.

“Je trouve aussi que cette scène est très puissante”, poursuit Kemp Powers, le co-réalisateur de Soul. “Quand nous étions en train de la fabriquer, nous étions très soucieux. Nous nous demandions si ça ne serait pas trop intense pour les enfants. On a poussé un ouf de soulagement quand on a pu montrer le film à des enfants. Ils n’ont pas été dérangés par les bruitages de buzzer électrique quand [les morts] pénètrent dans le Grand-Après.” “Je crois même que les enfants en sont moins horrifiés que les parents”, s’amuse Pete Docter.

Inventer un monde abstrait

L’impact de cette scène est renforcé par la différence de traitement visuel entre le monde réel, réaliste et bruyant, et le monde des âmes, le Grand-Avant, abstrait et éthéré: “Nous voulions que le public ait l’impression d’être à New York”, indique la productrice Dana Murray. “Nous nous sommes donc rendus à New York avec notre chef décorateur pour récolter une foule de détails. Nous voulions en contraste que le monde des âmes soit très apaisant, céleste, avec des formes douces, abstraites. On a beaucoup réfléchi à l’aspect de ce monde. Ça nous a pris beaucoup de temps pour le trouver.”

Une scène de "Soul" de Pete Docter"
Une scène de “Soul” de Pete Docter” © Pixar

Le plus grand défi pour Pete Docter a été de créer ces deux mondes aux styles diamétralement opposés et de s’assurer avec ses équipes qu’ils soient cohérents l’un avec l’autre. “On a découvert des choses jusqu’à la fin”, se souvient Mathieu Cassagne, artiste-lumière sur Soul. “Trois-quatre mois avant de terminer le film, on était encore en train de fixer des choses pour obtenir une certaine cohérence entre les éléments.”

A cela s’est ajoutée une autre difficulté: comment dessiner un monde aussi abstrait que celui des âmes? “Nous avons cherché des couleurs que nous n’aurions pas l’habitude de voir”, explique Pete Docter. “Quand on a tenté de voir ce que ça donnait avec des ciels verts, ce monde semblait tellement faux. Il devait être accueillant. C’est comme ça qu’on a eu l’idée de couleurs chaudes (rose) pour le ciel et de couleurs froides (bleu) pour le sol. Il y a des collines et de la végétation, mais tout est disposé de manière mathématique. On est très loin du chaos de la nature sur Terre. Il y a moins de détails dans ce monde. C’est plus simple. On comprend bien que ce n’est pas la Terre.” Les départements lumière et texture ont travaillé de concert pour créer ce monde inédit.

Résultat bluffant

La Terre a quant à elle des teintes cuivrées, comme les trompettes ou les trombones, pour filer visuellement la métaphore du jazz. Pete Docter a suivi les conseils du grand chef opérateur Bradford Young (Creed, Premier contact) pour éclairer de la manière la plus réaliste les scènes situées à New York. Pixar s’est souvent allié à de grands directeurs de la photographie pour éclairer ses films de manière réaliste. Roger Deakins (Skyfall, Blade Runner 2049) a ainsi été d’une aide précieuse à Andrew Stanton pendant la production de Wall-E (2007).

Une scène de "Soul" de Pete Docter
Une scène de “Soul” de Pete Docter © Pixar

“Bradford Young nous a conseillés sur le montage, pour que l’enchaînement des plans fonctionne mieux, et que le personnage ressorte mieux quand il sort de l’ombre”, précise Mathieu Cassagne. “Sur Toy Story 4, on avait développé des lumières fondées sur la réalité. Sur Soul, on a continué dans cette lignée en stylisant davantage.” Le résultat est bluffant, notamment dans les scènes situées dans le club de jazz, où les musiciens sont enveloppés dans des halos lumineux ultraréalistes, comme dans Bird (1988), le biopic de Clint Eastwood sur Charlie Parker.

On pourrait croire, en regardant ces scènes, que les magiciens de Pixar peuvent tout représenter. “Je pense qu’on peut tout faire, mais qu’à Pixar on ne se pose pas vraiment la question”, précise Mathieu Cassagne. “Si Pixar voulait faire un film où on ne voit pas la différence entre la réalité et le cartoon, il pourrait le faire, mais ce n’est pas la philosophie du studio de se demander quels sont les défis qui restent à relever. Le défi est plus de réussir à raconter des histoires qui soient plaisantes pour le grand public et de les faire de manière optimale pour que les artistes s’épanouissent.”



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