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“Ça a été une année charnière, pleine de révélations”



Hervé sort ce vendredi Hyper – Prolongations, réédition d’un premier album salué qui lui vaut de figurer parmi les rélévations des Victoires de la musique. Il revient pour BFMTV.com sur cette année de succès, malgré la pandémie.

“J’ai le cœur poids plume”, chantait Hervé en 2019 dans l’un de ses premiers singles. On imagine que c’est le cœur léger (et peut-être un peu stressé) que le jeune homme de 28 ans entame le week-end. Ce vendredi revêt pour l’artiste une importance particulière. Non seulement, il dévoile une réédition de son premier album, mais il sera aussi à la Seine musicale pour la soirée des Victoires de la musique, où il concourt dans la catégorie révélation masculine.

“C’est fou, c’est incroyable. Je suis trop content… en vrai, je suis trop content”, bafouille Hervé en riant lors de l’interview qu’il nous a accordée sur Zoom. “C’est un événement, ça va être ma première cérémonie en tant que tel, et moi, j’aime bien les cérémonies”, poursuit-il de son débit frénétique, à la fois clair et juvénile. “Je regarde tous les ans.”

Cette année, c’est lui qui sera dans le poste, en compétition face au rappeur Hatik et au chanteur Noé Prescow. Sans public dans la salle – coronavirus oblige – mais devant les téléspectateurs de France 2, qui retransmet la soirée en direct. Une grande exposition pour celui qui s’est déjà construit un public solide grâce à son premier E.P. solo, Mélancolie F.C., sorti en 2019, suivi d’un premier album salué, Hyper, en juin dernier. Avec Hyper – Prolongations (la persistance du champ lexical du foot vient de ses jeunes années passées sur le terrain) il propose une nouvelle version agrémentée de cinq titres, dans lequels il explore à nouveau sa signature musicale: des textes en français posés sur des orchestrations synthétiques, nourries d’électro et de hip-hop.

Entre Daft Punk et Jacques Higelin

Car c’est à ce carrefour que se trouve Hervé Le Sourd, élevé en banlieue parisienne dans une famille d’origine bretonne. “Je viens de la production, j’ai appris avec un ordinateur à faire de la musique. Quand je me suis mis à écrire, à chanter et à produire ces chansons, je voulais que ce soit musclé, et en même temps qu’on sente mes influences dans les basses, celles de la musique du Royaume-Uni de la fin des années 1980 et du début des années 1990, et évidemment toute la french touch.”

Pour lui, Paradis, Christine & The Queens ou Stromae ont ouvert une brèche sur la scène française: “Tout était exigeant, aussi bien la production que les textes ou la façon de les chanter, avec une identité forte qui en même temps touchait beaucoup de gens. On voyait d’autres influences, Pina Bausch, Kate Bush, certaines périodes de Madonna, des trucs qu’on n’entendait pas forcément jusque-là sur un prime sur France 2.”

Comme les artistes francophones qu’il cite, Hervé produit ses propres disques et s’entoure d’une équipe réduite pour les mixer. Il écrit et compose sur son ordinateur dans son petit appartement parisien, où il enregistre aussi ses voix. “Après, je refais les voix en studio, parce que parfois, on entend la VMC ou le frigo.”

Cet ADN électronique se mêle à d’autres influences, plus traditionnelles. Il cite notamment Christophe, son “héros”: “C’est une énorme influence pour moi, c’est quelqu’un avec qui j’ai eu l’occasion de passer du temps, on a pu passer une nuit en studio ensemble. C’était le dernier des trois Mohicans que j’ai, avec Jacques Higelin et Alain Bashung. Je les écoute énormément.”

Le hasard Johnny Hallyday

Il a même écrit, un peu par hasard, pour un géant de la chanson française. Sur le dernier album de Johnny Hallyday sorti en 2018, Mon pays c’est l’amour, trois chansons sont cosignées Hervé Le Sourd, Pardonne-moi, Un enfant du siècle et Je ne suis qu’un homme:

“Je passais pas mal de temps en studio, on m’appelait pour de la production additionnelle. Je me suis retrouvé au studio de Yodelice (artisan de cet ultime album du Taulier, ndlr). Il avait des productions sans paroles, il cherchait des textes, il partait à Los Angeles quelques jours plus tard. Ça s’est fait comme ça. Mais je n’ai jamais rencontré Johnny Hallyday, et entre-temps il est décédé. Je ne savais pas si les chansons allaient être sur l’album, si ça allait sortir. C’est complètement fou cette histoire.”

À l’époque, Hervé connaît ses premiers succès en tant que moitié du duo franco-britannique Postaal, avec lequel il tourne et dont le titre Freedom lui vaut des passages sur Radio Nova. Mais rapidement, l’envie de s’exprimer seul commence à se faire sentir:

“J’ai eu besoin d’écrire, et donc de chanter. En 2017 j’avais déjà écrit pas mal des morceaux qui sont aujourd’hui sur mon album. J’étais très pudique à l’époque, je n’osais pas encore, et j’avais une responsabilité avec Postaal, j’étais producteur. Je ne pouvais pas faire deux choses en même temps. Notre album est sorti en 2018 et mon EP solo un an après. Ça allait dans le flux de la zik, j’en fais tout le temps.”

Narguer 2020

L’année écoulée n’a pas dérogé à cette habitude. Et puisque le plaisir a forcément été amputé par la fermeture des salles de spectacle, il a décidé de le faire durer avec cette réédition:

“J’avais l’impression de n’avoir joué qu’une mi-temps sur Hyper, alors j’ai lancé les Prolongations. Pas de tournée, quelques dates en automne, assis, masqué… Je ne me voyais pas tourner la page comme ça avec un nouveau disque. Surtout, j’avais envie de ressortir de la musique.”

Ces cinq nouveaux titres sont portés par le single Monde Meilleur, pour lequel il a mis ses fans à contribution. Il leur a dévoilé la mélodie et les paroles du refrain sur Instagram, en leur demandant de lui faire parvenir leurs voix. 240 enregistrements reçus plus tard, il en a incorporés sur le produit fini pour en faire des choeurs, et a dévoilé le morceau lors d’un live sur YouTube.

Une nouvelle percée numérique pour le chanteur qui s’est évertué, toute l’année, à trouver des moyens détournés de maintenir le contact avec son public malgré le confinement et la fermeture des salles de concert: en tournant un clip dans sa cuisine et en encourageant ses fans à le reproduire chez eux, ou en se produisant dans un Olympia vide, en retransmettant le concert en direct sur internet.

“Je fais comme si de rien n’était”, analyse-t-il. “C’était ma stratégie toute l’année. Je pense que ça me vient du sport, un truc de l’ordre de la résilience, de l’énergie du désespoir qui fait que je ne lâche rien. J’ai écrit la réédition au mois de décembre, je ne savais pas si j’allais être aux Victoires ou pas mais il fallait que je sorte de la musique, comme il fallait que l’album sorte l’année dernière, comme il fallait tourner quand on pouvait, assis ou pas, masqués, distanciés… c’était de la détermination.”

“Est-ce que l’album serait mieux sorti en 2023? Je n’en sais rien”, demande-t-il. Mais face à la réception de son disque par le public, il l’assure: “Je n’aurais sorti mon album en 2019 pour rien au monde.”

Survivre au confinement

Hervé se raconte dans les morceaux de sa réédition. Mais les titres de chansons sonnent étrangement comme une réaction directe à la période actuelle: Monde meilleur, Permis de construire…. une façon de parler du monde en parlant de soi? “Je crois”, déclare-t-il. “Ces chansons, je viens de les écrire, ce n’est pas anodin. Mais j’essaye d’avoir du recul sur ce que j’écris à l’instant-T. Je ne sais pas ce que ces chansons font résonner de moi, mais elles sont là. Peut-être que dans un an, cinq ans, dix ans elles résonneront differemment.”

Arrive enfin L’an zéro, réponse plus frontale encore à la pandémie, avec laquelle il souhaite véhiculer de l’espoir: “Je garde à l’esprit que ça a été une année charnière, pleine de révélations. On s’est posé énormément de questions et moi j’en tire quelque chose de positif. Les gens ont dû arrêter de sortir, se mettre à porter des masques, respecter des couvre-feux, dans une ambiance anxiogène, et j’ai l’impression que la plupart des gens ont fait attention, ont été responsables. Je trouve ça brillant. C’est ce que je dis quand je chante ‘On ira, on vivra’. Je crois en notre capacité à nous adapter. Ça nous a révélé l’humanité qu’on avait en nous.”



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