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Benjamin Biolay, Bob Sinclar, Yelle… tous héritiers de Gainsbourg



Le 2 mars 1991 disparaissait Serge Gainsbourg. Trente après, sa musique continue d’influencer les musiciens, en France et à l’étranger.

Disparu il y a trente ans, Serge Gainsbourg, est toujours présent dans le paysage musical, tant son répertoire et son style continuent d’inspirer la pop, mais aussi l’électro et le rap.

La richesse de son oeuvre, qui a exploré de nombreux genres, parle toujours à des artistes très divers et irrigue avec vigueur les sons d’aujourd’hui. Sa façon de manier la langue, les orchestrations de ses chansons, mais aussi son style continuent d’influencer la jeune garde.

Parmi les héritiers les plus évidents, on trouve Benjamin Biolay, pour “sa façon d’écrire et d’orchestrer ses chansons”, note Antoine Monin directeur de la musique chez Spotify, et parfois même “sa façon de poser sa voix”. Le musicien a d’ailleurs rendu hommage à Gainsbourg, le 12 février dernier, lors des Victoires de la musique, où il a triomphé, lâchant: “La plus grosse Formule 1, pour moi, ça reste une Rolls, c’est Melody Nelson. Signé Serge Gainsbourg, qui, lui aussi, ne suivait que ses propres règles de conduite.”

“Il a laissé une façon de faire de la musique”

“Serge Gainsbourg m’a permis d’aimer la chanson française, a-t-il également confié à BFMTV. Son amour des mots, de la poésie, de la musique anglo-saxonne. Il a laissé une façon de faire de la musique qui est encore là et qui est bien là”.

De jeunes artistes tels que Hervé – souvent comparé à Alain Bashung, proche de Gainsbourg – figurent aussi parmi ces héritiers, tout comme Eddy de Pretto, “dans sa façon d’incarner des histoires fortes”, analyse Antoine Monin. Le jeune artiste a d’ailleurs rendu hommage sur la scène des Victoires à Jane Birkin, en interprétant Quoi. Chez les rappeurs, Damso, avec sa façon de manier les mots et les jeux de mots, s’inscrit dans la lignée de Serge Gainsbourg.

Avec la musique électronique, la filiation est également assez évidente. En témoigne le podcast Gainsbourg l’héritage électronique, diffusé sur Spotify. Pour son réalisateur, Antoine Molkhou, producteur du Rex Club, “Il y a des ponts entre Gainsbourg et la scène électro”, comme il l’a confié à l’AFP. De Bob Sinclar à Yelle, en passant par Chloé, Jacques, Flabaire ou Vitalic, tous racontent comment, d’une manière ou d’une autre, Gainsbourg les a influencés.

“L’influence de Gainsbourg dans la musique française est omniprésente, note ainsi Flabaire. Il a eu un rayonnement tellement fort, que même sans avoir écouté Gainsbourg, on est forcément influencé par sa musique”. Il se dit également particulièrement inspiré par sa “recherche de modernité, de rupture”.

Tout chez Gainsbourg est source d’inspiration, musique, paroles, orchestrations, mais aussi style vestimentaire et scénographie.

Volutes de fumées et chemises en jean

“Tout ce qu’il a fait, l’icône qu’il est même de façon vestimentaire, tout ce qu’il a imposé… je suis très influencé par ça, souligne ainsi le DJ Bob Sinclar dans le podcast Gainsbourg l’héritage électronique. Ma première influence chez Gainsbourg, ça a été l’album Gainsbourg Percussions, parce qu’il a été influencé par de la musique brésilienne, africaine, par du jazz”.

Chacun est ainsi entré dans l’oeuvre de l’artiste par une porte différente, une période et un style différents.

Yelle, grande fan du Poinçonneur des Lilas, se dit ainsi “assez fascinée par son écriture, les jeux de mots, son jeu avec les double-sens” mais voit aussi ses prestations scéniques comme une source d’inspiration. On a regardé avec GrandMarnier (son complice) le live au Casino de Paris (1985), on aime beaucoup la lumière, ce blanc, ce ton monochrome, ces volutes de fumées, les chemises en jean, les Repetto”.

Jane Birkin et Charlotte Gainsbourg perpétuent, elles aussi, à leur manière, cet héritage, notamment grâce à Etienne Daho. Car si Daho n’est pas un héritier direct de Gainsbourg, il a permis à Jane Birkin – pour qui il a composé et produit l’album Oh ! Pardon tu dormais, et à Charlotte Gainsbourg “de se positionner par rapport à la statue de Gainsbourg”. Il les a aidées à “assumer cet héritage et en tirer parti”, estime Antoine Monin.

Pour lui, le directeur musical, Serge Gainsbourg a ainsi ouvert la voie aux chanteurs pop français des années 80 et 90, en leur montrant qu’on pouvait “embrasser tous les genres de la pop, y compris anglo-saxonne, en français”. “Il a décomplexé les artistes français par rapport au fait d’être des chanteurs pop”.

“Ce qui court sous nos peaux c’est cette signature de Gainsbourg”

Etienne Daho, qui également révélé Lou Doillon et redonné vie à Boomerang, le disait d’ailleurs lui-même en 2019, au micro d’Elodie Suigo sur France Info, “Avec ses chansons, il m’a aidé à me construire, à me faire une oreille et à m’habituer à un français un peu différent, anglicisé avec des formules, une idée de comment faire sonner le français et de comment le rythmer.”

Mais la musique de Serge Gainsbourg a également essaimé à l’étranger. Pour Antoine Monin, des artistes comme Beck – qui a également concoté pour Charlotte Gainsbourg l’album IRM, en 2009 – Massive Attack, Portishead, portent la patte Gainsbourg et Jean-Claude Vannier, avec qui il a écrit Histoire de Melody Nelson. Tous ont puisé des accents ou des samples dans l’oeuvre gainsbourienne.

Plus récemment, des artistes comme les Britanniques Django Django ou les Belges Balthazar revendiquent aussi l’héritage.

“Quand vous êtes jeunes et que vous montez un groupe pop, vous pensez que ça se joue autour de guitare-basse-batterie. Et puis arrive Melody Nelson, avec ce son sixties: on est plongés dans un film. Et vous comprenez que la pop-music peut passer par d’autres instruments, gagner une part de mystère”, expose à l’AFP Jinte Deprez, une des têtes pensantes du groupe Balthazar. “En écoutant ce disque, on a commencé à arranger notre musique différemment, développe-t-il. On avait toujours été influencé par Air, mais on ne savait pas d’où ce son venait, là on a compris que ce qui courait sous nos peaux c’était cette signature de Gainsbourg”.

Buzzy Lee – alias de Sasha Spielberg, fille du célèbre réalisateur, qui vient de sortir son premier album solo – cite elle aussi, auprès de l’AFP “Serge Gainsbourg et Françoise Hardy” parmi ses références.



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