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Après Marvel, Martin Scorsese s’attaque aux plateformes de streaming



Le mythique réalisateur, qui a signé The Irishman chez Netflix, critique le manque de curation sur les plateformes de streaming.

Un an et demi après avoir critiqué le monopole de Marvel dans les salles obscures, Martin Scorsese s’insurge cette semaine contre les plateformes de streaming, dont il critique le manque de curation. Sur Netflix, Amazon et consorts, les films sont en effet tous présentés au public “sur un pied d’égalité, ce qui à l’air démocratique, mais ne l’est pas”, écrit-il dans un essai publié dans les colonnes du Harper’s Magazine.

“Si les films que nous devons voir sont conseillés par des algorithmes qui s’appuient sur notre historique de visionnage, et si ces suggestions sont uniquement fondées sur des sujets et des genres, qu’est-ce que cela fait à l’art du cinéma?”, s’interroge-t-il.

“L’art du cinéma est sans cesse dévalué”

“La curation n’est pas anti-démocratique ou élitiste”, ajoute le réalisateur. “C’est un acte de générosité – vous partagez ce que vous avez aimé et ce qui vous inspire.” Certaines plateformes, comme Mubi, disponible en France, propose ce service, précise-t-il: “Les algorithmes, par définition, se fondent sur des calculs qui traitent uniquement le spectateur comme un consommateur.”

“L’art du cinéma est sans cesse dévalué, mis sur la touche, humilié et réduit au plus petit dénominateur commun” par les plateformes de streaming qui envisagent les films comme des contenus”, martèle encore Martin Scorsese dans ce texte qui fait déjà couler beaucoup d’encre dans le milieu cinéphile américain.

“Le mot ‘contenu’ est désormais un terme économique qui désigne toute image animée: un film de David Lean (le réalisateur de Lawrence d’Arabie, NDLR), une vidéo de chat, une publicité du SuperBowl, un film de super-héros, un épisode de série”, déplore le cinéaste, qui estime que “les plateformes de streaming ont remplacé l’expérience des salles de cinéma, comme Amazon a détrôné les librairies.”

Le cinéma “relégué au second plan”?

Martin Scorsese connaît bien entendu les bienfaits de ces mêmes plateformes, qui permettent de financer des projets ambitieux désormais impossibles à produire par le circuit traditionnel. Sans Netflix, Martin Scorsese n’aurait pas pu monter The Irishman, monumentale fresque sur la fin de la mafia italo-américaine. Sans Apple, il n’aurait pas pu financer non plus Killers of the Flower Moon, son prochain récit épique qui réunit Leonardo DiCaprio et Robert de Niro et dont le tournage aura lieu au printemps.

Mais ses propos sur le manque de curation des plateformes de streaming sont partagés par beaucoup d’acteurs du milieu.

“Quand (Netflix) diffuse Mank, de David Fincher (sur la vie du scénariste de Citizen Kane, NDLR), ils ne pensent pas à proposer Citizen Kane. Un Canal+ ou un Arte le ferait, avec un documentaire sur Orson Welles, parce que ce serait une belle offre! Il y a des spectateurs en face”, a estimé ce mercredi dans les colonnes du Figaro Vincent Paul-Boncour, patron de la société de distribution française Carlotta Films.

Les craintes de Martin Scorsese sur la dévaluation du cinéma ne sont pas récentes. En septembre dernier, lors d’une présentation virtuelle au Festival international du film de Toronto, il avait partagé son inquiétude de voir le cinéma “relégué au second plan”:

“Le fait que les festivals de cinéma continuent d’avoir lieu – improvisent, s’adaptent, font en sorte que tout fonctionne d’une façon ou d’une autre – est très émouvant pour moi. Parce que dans la presse et la culture populaire, il est malheureusement de plus en plus fréquent de voir le cinéma relégué au second plan et dévalorisé, se retrouvant classé dans une catégorie qui ressemble à un petit plat réconfortant.”



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